15 documents pour l'année 1851 :
1- Lettre du 06/02/1851, du Préfet du Bas-Rhin au Ministre de la Guerre :
Qui transmet une lettre du sieur
RUPERT Gottlob , de Mundelfingen (Bade), par laquelle il demande divers renseignements concernant la colonisation de l'Algérie.
Il adresse également un certificat du conseil municipal de Mundelfingen, qui établi la fortune que possède le sieur RUPERT, et qui indique la composition et l'âge de tous les membres de sa famille.
2- Lettre du 03/03/1851, du Ministre de la Guerre au Préfet :
Concernant le dossier du sieur
RUPERT Gottlob , ancien soldat de la Légion Etrangère, qui désire obtenir une concession de terres en Algérie.
Il sera traité sur le même pied que les émigrants français, et recevra une concession dont l'étendue sera proportionnée à ses moyens d'action.
"Quant aux frais que nécessitera son installation, construction de maison, mise en culture des terres, achat de matériel... ils peuvent s'élever à environ 300 francs par hectare, et c'est sur cette base que sera calculée l'importance de la concession dont je suis disposé à lui faciliter la remise, dès qu'il m'aura fait savoir ses intentions définitives à cet égard..."
3- Brouillon de lettre, du 07/03/1851, du Préfet adressée :
au sieur
RUPERT Gottlob , demeurant à Mundelfingen (Bade), et reprenant les termes de la lettre ci-dessus.
4- Lettre du 12/03/1851, adressée au Préfet du Bas-Rhin :
Ecrite par
RUPERT Gottlob :
"J'ai reçu la lettre que vous m'avez adressé concernant ma demande d'obtenir la permission pour me coloniser en Algérie. Dans cette lettre se trouvent les mots : "quant aux frais que nécessitera l'installation, construction de maison, mise en culture des terres, achat de matériel, ils pourront s'élever à environ 300 francs par hectare."
Ceci me laisse en incertitude; je voudrais bien savoir les frais que nécessitera la construction de maison, de même que les frais de l'achat de matériel. Car je ne sais pas si les 300 francs se rapportent seulement aux achats des terres par hectare, ou si les autres choses y sont aussi comprises.
Je prie d'avoir la bonté de me donner des éclaircissements le plus tôt qu'il sera possible.
Signé : Rupert Gottlob."
"nb : Je vous avez adressé une lettre sous le 10 mars, je n'avais pas encore réçu vos renseignements."
5- Certificat du 31/03/1851, du Maire de Mazagran (Algérie) :
"Nous Maire de Mazagran certifions à tous qu'il appartiendra que le sieur
Jean Jacob HAAG , natif de Kempfeld, Prusse, actuellement colon domicilié à Mazagran, exploite un terrain à lui concédé par l'administration civile et qu'il a bâti à ses frais une maison dans le village.
Certifions en outre qu'il est de bonne vie et moeurs et qu'il n'a jamais donné lieu à aucune plainte sur son compte.
Le Maire. Signé : illisible."
"Vu pour légalisation de la signature de Mr Clauzel( ou Glauzel), Maire de Mazagran.
Le sous-préfet. Signé : illisible."
Commentaire :
Au CAOM : mariage en 1847, à Mazagran, de Jean Jacob HAAG avec Joséphine ARNOLD.
(voir ci-après)
6- Lettre du 31/03/1851, du Préfet du Bas-Rhin, adressée :
au sieur
RUPERT Gottlob . Cette lettre précise que dans la base de 300 francs par hectare, sont compris dans cette somme les dépenses résultant de la construction de maison, achat de matériel, etc.... Il précise : "néanmoins il est à remarquer qu'il faut posséder une fortune d'environ 2.000 francs pour obtenir une concession de terrain."
7- Extrait, du 01/04/1851, du registre des mariages de Mazagran (Algérie) :
Pour le mariage de :
Jean Jacob HAAG , journalier, domicilié et demeurant à Mazagran, né à Kempfeld (Prusse) le 18 février 1819, fils de Daniel HAAG et de Anna Elisabeth D... (?), cultivateurs, domiciliés et demeurant à Kempfeld, consentant,
et de :
demoiselle
Joséphine ARNOLD , sans profession, domiciliée et demeurant également à Mazagran, née le 21 (?) mai 1827 à Dorlisheim (Bas-Rhin), fille mineure du sieur ARNOLD et de dame Marguerite GILLIENBACH, débiteur de boisson, domiciliés et demeurant à Mazagran, présens et consentans.
Témoins :
- le sieur ESPIN (?), maréchal des logis de gendarmerie, 40 ans.
- Matis FOLMER, maçon, 25 ans.
- Frédéric HATT, brasseur, 35 ans.
- Jean Baptiste FOURNIER, employé aux subsistances militaires, 31 ans,
tous quatre domiciliés et demeurant à Mostaganem et amis des époux.
8- Lettre du 24/04/1851, du Préfet d'Oran au Préfet du Bas-Rhin :
"Le sieur
HAAG , natif de Kempfeld, Prusse, concessionnaire à Mazagran, a dû rentrer dans son pays pour y régler des affaires de famille, et je lui ai à cet effet accordé un passage gratuit pour la France.
Je suis informé que la position de concessionnaire n'étant pas suffisamment établie à vos yeux, vous lui avez refusé les facilités qu'il est d'usage d'accorder aux colons appelés en France pour régler des affaires de famille.
J'ai l'honneur de vous remettre ci-joint, 1° un certificat émanant de Mr le Maire de Mazagran, constatant que le sieur HAAG est concessionnaire dans cette commune, 2° l'acte de mariage de ce colon avec une jeune fille de ladite commune.
Je vous prie de vouloir bien accorder au sieur HAAG le secours de route qu'il réclame et de demander pour lui au Ministre de la Guerre un passage gratuit pour son retour dans la colonie.
Agréez..."
9- Un passeport, du 15/05/1851, émis par le maire de Strasbourg :
De Strasbourg à Alger, pour le sieur
HIRSCH Jules , marchand, natif de Breslau (Prusse) et y demeurant. Délivré sur passeport national à retirer au Havre.
Age 38 ans, taille 1m62, cheveux noirs, front large, sourcils noirs, yeux gris, nez fort, bouche moyenne, barbe noire, menton rond, visage long, teint sain.
Signes particuliers : néant.
Au dos :
- Vu pour Strasbourg. Marseille le 07/07/1851.
- Vu bon pour retourner directement par Strasbourg à Breslau (Prusse) son pays natal, avec allocation du secours de route jusqu'à la frontière, que la loi du 13 juin 1790 accorde aux voyageurs indigents. La Mairie de Marseille lui payera le montant de ce secours jusqu'à Avignon. Marseille le 7 juillet 1851. Pour le Préfet empêché, le Secrétaire général délégué. Signé : illisible."
- Payé 2,10 francs d'Avignon à Pierrelatte. Le 08/07/1851.
- Mandat de 1,90 de Pierrelatte à Loriol. Montélimar le 10/07/1851.
- Payé 3,55 de Loriol à St. Rambert, pour être payé à Vienne. Valence le 11/07/1851.
- Payé 3,60 jusqu'à Avignon. Le 12/07/1851.
- Payé 6,00 de St. Rambert à Lyon. Vienne le 13/07/1851.
- Payé 1,05 jusqu'à Villars. Lyon le 14/07/1851.
- Payé 1,68 jusqu'à St. Amour. Bourg le 16/07/1851. noté : "il a été payé à St. Amour."
- Payé 0,90 jusqu'à Arbois. Lons-le-Saulnier le 17/07/1851.
- Payé 0,75 jusqu'à Quingey. Arbois le 18/07/1851.
- Payé 0,75 jusqu'à Besançon. Quingey le 18/07/1851.
- Payé 1,20 jusqu'à Baume. Besançon le 19/07/1851.
- Payé 0,75 jusqu'à "L'Ille" (L'Isle). Baume le 20/07/1851.
- Payé ? jusqu'à Belfort. L'Isle le 20/07/1851.
- Payé 2,10 jusqu'à Colmar. Belfort le 22/07/1851.
- Payé ? jusqu'à Schlestadt. Le 24/07/1851.
- Payé 1,35 de Schlestadt à Strasbourg. Le 24/07/1851.
- A reçu un sauf-conduit le 26 juillet 1851 pour retourner à Breslau."
10- Lettre du 30/06/1851, au Préfet du Bas-Rhin :
du sieur KREPPIN.
"A Monsieur le Préfet du département du Bas-Rhin. Strasbourg, le 30 juin 1851.
Monsieur le Préfet,
A l'honneur de vous exposer très humblement
KREPPIN Jean , ancien grenadier au 1er régiment Etranger au service de France suivant son congé et certificat de bonne conduite.
Sollicite.. (1 mot) de l'extrême bonté de Monsieur le Préfet à ce qu'il daigne lui accorder un passe-port gratuit pour retourner à Marseille, vu il a laissé son petit mobilier ayant eu l'intention de retourner à Bruchsal dans sa ville natale où il espérait faire un petit héritage et ayant appris que la démarche ne servait à rien... (1 mot) il sollicite retourner avec son épouse à Marseille et recevoir de votre bonté un passe-port gratuit.
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé : Johann Kreppin."
En marge :
"KREPPEN" Jean, de Bruchsall, maçon, 46 ans, libéré en 1842 de la Légion Etrangère. A reçu à Marseille le 25/02/1851 un passeport avec secours de route pour retourner à Bruchsaal."
Plus bas, au crayon : "A été autorisé seulement à rester à Strasbourg."
11- Passeport daté du 14/07/1851, délivré par le Maire d'Alger, membre de la Légion d'Honneur :
Pour circuler d'Alger à Cette (Sète, Hérault), concernant
KULLEN Frédéric , musicien, natif de Dresde (Saxe), demeurant à Alger.
Age 32 ans, taille 1m86, cheveux châtains clairs, front ordinaire, sourcils blonds, yeux bleus, nez moyen, bouche petite, barbe blonde, menton rond, visage ovale, teint ordinaire.
Signes particuliers : néant.
En travers : "A reçu un sauf-conduit pour retourner dans ses foyers le 7 août 1851."
Au dos :
- Vu à Alger pour aller à Cette sur le vapeur. Le 15/07/1851.
- Vu débarquer à Cette. Le 17/07/1851. Le sous-intendant militaire.
- Payé ? jusqu'à Lunel. Montpellier le 19/07/1851.
- Vu pour Strasbourg, avec secours de route. Montpellier le 19/07/1851.
- Payé 1,15 francs jusqu'à ? . Le 21/07/1851.
- Payé 0,55 jusqu'à Pierrelatte. Pont-Saint-Esprit le 22/07/1851.
- Payé 0,90 de Pierrelatte à Loriol. Montélimar le 22/07/1851.
- Payé 0,55 de Loriol à St. Rambert. Valence le 24/07/1851. "Pour être payé à Vienne."
- Payé 2,00 de St. Rambert à Lyon. Vienne le 25/07/1851.
- Payé 0,90 jusqu'à Lons-le-Saulnier. St. Amour le 28/07/1851.
- Payé 1,60 depuis Villars jusqu'à St. Amour. Bourg le 28/07/1851.
- Payé 0,90 jusqu'à Arbois. Lons-le-Saulnier le 29/07/1851.
- Payé 0,75 jusqu'à Quingey. Arbois le 30/07/1851.
- Payé 0,70 jusqu'à Besançon. Quingey le 30/07/1851.
- Payé 1,20 jusqu'à Baume. Besançon le 31/07/1851.
- Payé 0,75 jusqu'à Lisle. Baume le 01/08/1851.
- Payé 1,05 jusqu'à Belfort. L'Isle le 01/08/1851.
- Payé 2,10 jusqu'à Colmar. Belfort le 02/08/1851.
- Payé 0,75 de Colmar à Schlestadt. Le 04/08/1851.
- Payé 1,35 de Schlestadt à Strasbourg.
12- Demande de renseignements du 29/11/1851 :
Concernant :
GONDELACH Jean Philippe Guillaume , demeurant 14, rue de l'Epine à Paris, suite à sa demande du 22 novembre courant.
13- Lettre du 01/12/1851, sur papier à en-tête de la Préfecture du Bas-Rhin :
"Le nommé
GONDELACH Jean Philippe Guillaume , serrurier, originaire de la Prusse, a demeuré à Strasbourg pendant les années 1849 et 1850. Il est marié et a plusieurs enfants; peut-être réside-t-il encore en cette ville, et y aurait-il erreur sur la lettre du Ministre qui le signale comme demeurant à Paris.
GONDELACH a travaillé, dit-on, chez Mr. Waghette, marchand de houille.
Mr Comte est prié de donner des renseignements sur cet étranger, notamment sur la conduite qu'il a tenue pendant son séjour à Strasbourg."
14- Certificat de police. Strasbourg, le 03/12/1851 :
"Le nommé
GONDELACH Jean Philippe Guillaume Frédéric , né en 1825 à Wesel (Prusse), ouvrier serrurier, sortant du 1er régiment de Légion Etrangère, marié et père de deux enfants, dont l'un a 4 et l'autre 6 ans, était inscrit sur les registres de population du canton sud, rue Saint-Mars, n°15. (05/11/1844).
Il a quitté Strasbourg sans déclaration, au mois de septembre 1848, pour se rendre à Mutzig où il a travaillé 3 mois, de là il est retourné dans son pays natal, dit-il.
Rentré en France au mois de mars 1849, il a laissé sa famille à Lauterbourg, lieu de naissance de sa femme.
Depuis les deux ans et six mois d'un nouveau séjour en France, GONDELACH a travaillé chez plus de quinze maîtres.
Rentré à Strasbourg il y a trois mois, avec sa femme et ses deux enfants, il n'a pas d'occupation ni moyens d'existence, et n'est pas inscrit.
Pendant son séjour à Strasbourg, sa conduite n'a donné lieu à aucune plainte."
15- Lettre du 17/12/1851, du Préfet au Ministre de la Guerre :
Reprenant les termes de la lettre précédente, en précisant que : "
GONDELACH" a obtenu au mois de décembre 1847 une autorisation de passage gratuit en Algérie, pour lui et sa famille, mais il en est revenu peu après en profitant des secours de route."
FIN DE 1851.