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emigrationalgerie
Description du blog :
Correspondance, documents d'archives sur l'émigration allemande et alsacienne en Algérie. Articles.
Catégorie :
Blog Famille
Date de création :
11.06.2008
Dernière mise à jour :
08.10.2025
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Derniers commentairesmerci pour tous ces renseignements . le webmaster. http://emigrat ionalgerie.cen terblog.net
Par emigrationalgerie, le 09.10.2025
bonjour,
je ne sais pas si ce blog est encore actif, mais à tout hasard. j'ai mon quadrisaïeul vassel jean b
Par CORMONT, le 10.09.2025
tb mais comment faire pour avoir la liste des personnes des convois ?michelemorfau x@gmail.com
m erci si vou
Par Anonyme, le 05.09.2025
j'ai vu que vous avez mis la liste des noms es familles parties par le convoi #1. peut on aussi trouver le lis
Par Fieux, le 20.07.2025
mr wolff nous devons être en famille car descendons du rabbin anschel dr.laurentschw artz@gmail;com
Par Anonyme, le 19.05.2025
Vue de Breitenbach, Bas-Rhin
Certaines personnes, ayant lu notre "appel à collaboration", ont bien voulu nous faire parvenir des renseignements sur l'histoire de leur famille. Cela est très intéressant, et illustre d'une manière intelligente et colorée cette émigration.
Aujourd'hui, nous allons en savoir un peu plus sur une famille DILLENSEGER, originaire de Breitenbach dans le Bas-Rhin.
Les DILLENSEGER sont nombreux dans ce coin d'Alsace situé dans la vallée de Villé.
Celle de Jean aura un destin bien particulier.
Les DILLENSEGER en Algérie.
Jean DILLENSEGER est né le 29/12/1822 à Breitenbach (Bas-Rhin), fils de Georges, vigneron, 47 ans, et de Marie-Anne SCHWAB née vers 1778.
Service militaire au 1er régiment de Lanciers, matricule 1405.
Incorporé à compter du 31/12/1843 comme remplaçant admis par le Conseil de révision, servant pour le sieur DAVID Victorien Emile, classe de 1842, inscrit sous le numéro 1434 de la liste du contingent du département de la Seine-Inférieure.
Arrivé au corps le 12/01/1844.
Renvoyé dans ses foyers par anticipation le 01/10/1849.
Libéré définitivement le 31/12/1849 à Breitenbach. Reçoit le certificat de bonne consuite.
Mariage le 25/01/1851. Jean DILLENSEGER, vigneron, épouse à Breitenbach Florentine DILLENSEGER (sont-ils cousins ,), née à Breitenbach le 31/01/1828, fille de Georges, vigneron, 54 ans, et de Marie-Anne STEBLER, 66 ans. Les quatre témoins sont membres de la famille :
. Pour l'épouse : STAUFFER Louis, 44 ans, maréchal-ferrant, son cousin, et KOENIG Jean, 42 ans, vigneron, aussi son cousin.
. Pour l'époux : DILLENSEGER Joseph, 33 ans, vigneron, son frère, et SENENTZ Joseph, 49 ans, vigneron, son beau-frère.
Le couple aura 7 enfants, tous nés à Breitenbach :
- Léon, né le 21/12/1852.
- Louis, né le 11/08/1854.
- Françoise, née le 06/03/1856.
- Joseph, né le 18/03/1858.
- Marie-Rosalie, née le 29/10/1859.
- Julie, née le 28/06/1861.
- Marie-Eugénie, née le 20/07/1863.
Après le désastre de Sedan et le Traité de Francfort du 10 mai 1871, la famille DILLENSEGER quitte le Bas-Rhin pour les Vosges. C'est à Lubine que Jean DILLENSEGER opte, le 19 août 1872, pour la nationalité française qu'il entend conserver pour lui et ses filles.
Le même jour les fils effectuent la même démarche avec l'autorisation écrite et légalisée de leur père.
Le 15 novembre, le fils aîné, Léon, est incorporé au 30ème régiment d'artillerie à Orléans, comme appelé inscrit sous le numéro 2376 de la liste du contingent du département des Vosges, classe 1872. Nous le retrouverons plus loin.
Le 9 septembre 1873, Jean DILLENSEGER s'adresse au Comité de Belfort chargé d'accueillir les émigrants pour l'Algérie, d'instruire leurs demandes et de les secourir jusqu'à leur départ pour Marseille.
La famille composée de 8 personnes (sans Léon qui est militaire) fait partie du 15ème groupe de la 2ème "campagne agricole", groupe admis officiellement le 8 février 1874.
"Les départs s'organisent en campagnes agricoles divisées en plusieurs groupes de façon à éviter l'accumulation des arrivées et de permettre aux colons de trouver immédiatement les terres et les maisons prêtes à les recevoir. Les départs sont suspendus pendant la saison des fortes chaleurs. Au mois de septembre 1873, lors de la 2ème campagne, les permis d'embarquement tardent à être délivrés alors que les familles sont prêtes. Les derniers groupes débarquent finalement entre le 16 octobre et le 16 février."
L'Algérie.
Le départ de la famille se fait de Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) à destination de l'Oued Amizour dans le département de Constantine.
La famille DILLENSEGER est déjà prête et ayant peu de moyens arrive à l'Oued Amizour avec un autre groupe, en fin d'année 1873. Elle refuse d'y rester et elle est alors dirigée sur Alger, via Bône, pour une autre installation.
Le 13 janvier 1874 : placement concernant le 14ème groupe.
Une lettre du Gouverneur Général désigne pour le centre de l'Oued Fodda, "le sieur DILLENSEGER (Jean), immigrant en Algérie, pour être placé au titre 1er. Ce cultivateur dont la famille se compose de 8 personnes, n'a pu vendre les biens qu'il possédait en Alsace, et donc n'a pas le capital de 5.000 francs exigé. Il demande son admission à la Commission Wolowski (voir ci-après). Il arrive à Alger par le courrier de ce jour, venant de Bône. Cette famille sera rattachée au 14ème groupe des immigrants patronnés par la Commission Wolowski."
Le 25 février 1874 : placement des familles du 15ème groupe. Lors de la séance du 8 février 1874, le Comité de colonisation de la Commission Wolowski admet le sieur Jean DILLENSEGER, colon alsacien, déjà placé à l'Oued Fodda. Sa situation est donc régularisée.
La Commission Wolowski.
"L'Assemblée Nationale décide de mettre à la disposition de la colonisation alsacienne et lorraine toutes les sommes qui, après un certain délai, n'ont pas été réclamées par les souscripteurs. Elle charge une commission spéciale de régler et de surveiller l'emploi de ces fonds : la Commission Woloswki (ancien Sénateur).
A partir du printemps 1873, cette Commission est la seule habilitée à choisir les immigrants auxquels elle désire apporter son assistance. Le premier crédit a servi pour l'achèvement des maisons des émigrants de la "campagne agricole" 1872-73, pour les subsides alimentaires et pour les achats de bétail et de semences.
La Commission met à la disposition du Gouverneur Général des sommes provenant d'une souscription qu'elle a organisée. Elle organise des quêtes, réunit des fonds de plus de 6 millions de francs. La presse fait de larges échos de ces actions.
On expédie des vêtements pour les femmes et les enfants, l'armée se charge de vêtir les hommes.
Après épuisement des fonds Wolowski, de nouveaux crédits gouvernementaux sont engagés afin de pourvoir à l'installation des dernières familles arrivées en 1874 et 1875. Malgré une volonté d'organisation dans tous les domaines, les promesses sont très difficilement tenues."
L' Oued Fodda.
- 17/01/1874 - Le Gouvernement accorde à Jean DILLENSEGER une concession de terres en location avec un bail de 5 ans et la promesse d'une propriété définitive concédée alors gratuitement. Le locataire s'engage à y résider et à y entretenir les membres de sa famille. La concession se compose de 3 lots d'une contenance totale d'environ 19 hectares.
- 05/06/1875 - Un second bail est accordé à Jean DILLENSEGER portant sur 2 lots d'environ 2 hectares.
- 29/04/1875 - Le fils aîné, Léon, est incorporé au 1er régiment de Chasseurs d'Afrique comme Chasseur de 2ème classe venant du 30ème régiment d'artillerie. Arrivé au corps, en Algérie, le 15 juillet 1875.
Lors d'un congé, il se rend à l'Oued Fodda pour voir les siens. Il les trouve dans une situation plutôt misérable, suite aux mauvaises récoltes et aux intempéries qui ont eu lieu pendant ces premières années d'installation.
- 22/07/1875 - Florentine DILLENSEGER, âgée de 47 ans, décède des fièvres qui sévissent alors.
- 26/01/1876 - Léon, libéré de ses obligations militaires, se retire à l'Oued Fodda. Il ne s'installe pas chez ses parents, mais s'engage comme garçon de ferme chez un propriétaire à Béni Méred puis chez un autre à Blida.
A la fin de l'année 1878, il quitte ses employeurs pour la ferme de Madame veuve Gentet à Malakoff, en qualité de gérant associé aux bénéfices.
Nous verrons plus loin la brillante réussite qu'il aura.
- 26/10/1877 - Aux termes d'un acte sous seing privé, Jean DILLENSEGER, colon à l'Oued Fodda, transfère son droit au bail aux sieurs Jacob et Joseph GHNASSIA (père et fils) demeurant à Orléansville à titre de garantie d'un prêt de 1.800 francs qu'ils lui ont prêté.
A partir des années 1880, Jean DILLENSEGER est domicilié à Malakoff chez son fils Léon.
- Juin 1883 - Il est présent et consentant au mariage, à Mustapha, de sa fille Françoise qui épouse Louis Félix DROUHARD.
- Mars 1886 - Jean DILLENSEGER n'est pas présent, mais consentant au mariage, célébré à Souk Ahras, de sa fille Eugénie qui épouse François Eugène ANDRE.
- Janvier 1889 - Il est présent et consentant au mariage, célébré à Mustapha, de sa fille Marie-Rosalie qui épouse Eugène Auguste MANJIN.
- Avril 1889 - Dans un courrier de la préfecture d'Alger demandant des renseignements sur la concession de Jean DILLENSEGER, on peut lire en mention marginale : "A la suite du décès de Mr Jean DILLENSEGER, sa concession a été vendue par voie de justice à Orléansville."
Léon DILLENSEGER.
Un petit mot concernant Léon, fils aîné de Jean.
Il reste 7 années chez la veuve Gentet, puis il quitte cette situation, mais il a réalisé entre-temps 9.000 francs d'économies.
"Léon afferme alors dans le même périmètre, moyennant un loyer annuel de 2.000 francs, une exploitation agricole de 100 hectares sur laquelle il édifie une petite maison d'habitation. Entre 1892 et 1906, il s'approprie 909 hectares dans le périmètre de Malakoff et Charon et en loue plusieurs milliers d'autres.
Après 25 ans d'exploitation, l'actif net (non compris les récoltes à venir) du colon Léon DILLENSEGER est évalué à environ 336.000 francs alors qu'au départ il ne dispose que du reliquat de sa solde militaire."
Un site sur Geneanet (elkseur) indique que Léon était marié à une nommée Marie MADISON, mais ceci n'est pas confirmé, et l'on n'a pas pu trouver l'acte sur le site du C.A.O.M.
Quelques éléments généalogiques :
Concernant les enfants de Jean DILLENSEGER.
- Léon : né le 21/12/1852 à Breitenbach, décédé après 1906, qui épouse le 30/09/1882 à Malakoff (aujourd'hui Oued Sly) Marie MADISON, née le 04/08/1860 à Annecy, Haute-Savoie, d'où : Marie-Florentine DILLENSEGER (renseignement non confirmé).
- Louis : né le 11/08/1854 à Breitenbach. Pas encore d'autres renseignements.
- Françoise: née le 06/03/1856 à Breitenbach, qui épouse à Mustapha, Alger, le 02/06/1883, Louis Félix DROUHARD (né en 1856 à Castiglione, Alger), charpentier, demeurant place Hoche à Mustapha. Françoise avait eu un enfant naturel, mort en bas-âge : Rosalie Gabrielle DILLENSEGER, née en mars 1880 à Mustapha et décédée à Alger le 20/06/1880.
- Joseph: né le 18/03/1858 à Breitenbach. Pas encore d'autres renseignements.
- Marie-Rosalie : née le 29/10/1859 à Breitenbach, qui épouse le 08/01/1889 à Mustapha Eugène Auguste MANJIN (né en 1862 dans l'Aube), cocher (1889) à El Biar, Alger.
- Julie : née le 28/06/1861 à Breitenbach. Pas encore d'autres renseignements.
- Marie-Eugénie : née le 20/07/1863 à Breitenbach, qui épouse à Souk Ahras, Constantine, le 13/03/1886, François Eugène ANDRE (né en 1854 à Grindorf, arrondissement de Thionville, Moselle), maréchal des logis à la 19ème légion de gandarmerie, à la résidence de Souk Ahras.
D'après Annie DUPLAN-COTTE - Sources : archives familiales, ANOM (concessions), SHAT (Vincennes).
- Geneanet - C.A.O.M. - E.C. Breitenbach.
-Blog "Emigration en Algérie".
- "Alsaciens et Lorrains en Algérie", Histoire d'une migration 1830-1914, Fabienne Fischer, Ed. Jacques Gandini, 1999. ISBN 2-906431-43-5
Joseph BOULET
http://denisebd.wordpress.com/
Joseph BOULET, vosgien d'origine alsacienne, maire de Bordj-bou-Arréridj en Algérie.
Quelques élements généalogiques
Jean-Jacques BOULET, o 07/03/1741 à Lepuix Gy, territoire de Belfort, + le 05/03/1816 à Oderen, Haut-Rhin, qui épouse à Oderen, le 24/09/1764, Marie Agathe WALCH, o vers 1740, + à Oderen, d'où :
François Joseph BOULET, o 21/12/1767 Oderen, + 09/03/1836 Oderen, qui épouse à Oderen, le 07/01/1809, Marie-Anne MUNSCH, o 20/08/1770 Oderen, + 04/04/1845 Oderen, d'où :
Hubert BOULET, o 09/02/1810 Oderen, agriculteur, qui épouse à Dommartin-lès-Remiremont (Vosges), le 10/10/1841, Marie-Colette PIERRE, o 06/03/1808 Vécoux, commune de Dommartin-lès-Remiremont. Hubert quittera Oderen pour vivre dans les Vosges et y prendre femme. D'où :
Louis-Philippe BOULET, o 15/09/1831 Dommartin-lès-Remiremont, + 01/02/1911 à Remiremont, tisserand puis tanneur, qui épouse à Remirement, le 27/09/1856, Marie-Sophie CUNAT, o 19/11/1833 Bussang (Vosges), + 18/12/1878 Remiremont.
Joseph BOULET
Joseph BOULET, fils de Louis-Philippe et de Marie-Sophie CUNAT, nait à Remiremont, Vosges, le 27/11/1856, et décèdera le 19/02/1918 à Alger, Algérie. Il vivait à Bordj-bou-Arréridj, province d'Alger, où il épouse le 15/03/1890, Carmen CURMI, née le 29/01/1873 à Bordj-bou-Arréridj, et décédée à Alger le 21/12/1923.
Officier supérieur d'intendance, gestionnaire des hôpitaux militaires, il fut maire de la commune de Bordj-bou-Arréridj, où il était propriétaire, de 1904 à 1912.
C'était un homme très considéré, et son décès laissera un vide dans cette commune où il reposera dans une concession à perpétuité.
Oraison funèbre de Joseph BOULET
Son oraison funèbre nous permet d'en connaître un peu plus sur sa vie.
Texte paru dans "La dépêche de Constantine" en date du lundi 25 février 1918.
"Bordj-bou-Arréridj.
Les obsèques de M. BOULET.
C'est avec une vive peine que nous avons annoncé le décès, survenu à Alger, à la suite d'une courte maladie, de M. J. BOULET, ancien maire et conseiller général de Bordj-bou-Arréridj. Les obsèques de cet homme de bien ont eu lieu jeudi au milieu d'une foule nombreuse de la population bordjienne et de celle de tous les environs. C'est une noble et belle figure qui disparaît : la vie du défunt peut se résumer en ces mots : loyauté, bonté, charité.
"Au cimetière quatre discours ont été prononcés par MM Robert, administrateur principal honoraire, juge de paix suppléant, Loizillon, administrateur de la commune mixte des Maadid, Luigi, greffier notaire à M'Sila et Procher, vice-président du syndicat agricole.
Voici le texte du discours prononcé par M. Achille Robert sur la tombe de notre regretté citoyen :
"Mesdames, Messieurs,
Je ne veux pas laisser refermer la tombe de M. BOULET sans, au nom de ses nombreux amis, au nom de l'affection que je lui portais, m'incliner respectueusement, et avec les plus profonds regrets.
Je considère comme un douloureux mais précieux devoir, de rappeler la belle vie de l'ami et du citoyen qui vient de disparaître.
Monsieur BOULET est né à Remiremont, dans cette partie de la Lorraine restée française après que notre chère Alsace et une partie de la Lorraine eussent été arrachées si brutalement par les Allemands de notre domaine national.
Monsieur BOULET est décédé avant hier à Alger après trois jours de maladie.
Monsieur BOULET, après avoir reçu une excellente instruction dans les établissements d'enseignement de Remiremont, partit pour le régiment.
Ses nombreuses qualités l'ayant vite fait apprécier par ses chefs, il fut envoyé à l'école militaire d'administration de Vincennes et, tout jeune, en sortit dans un excellent rang avec le grade d'officier d'administration.
Désigné pour la division de Constantine, il remplit les fonctions d'officier d'administration des hôpitaux militaires de Batna, Kenchala, Biskra et Bordj-bou-Arréridj, à la grande satisfaction de ses chefs;
C'est dans cette dernière localité qu'après plus de treize années de bons et loyaux services il donna sa démission d'officier comptable pour se marier et se fixer dans le pays.
Ayant un goût prononcé pour l'agriculture, M. BOULET n'hésita pas à aller habiter la ferme qu'il possédait et à l'exploiter directement. Ayant étudié les divers modes de culture employés dans la région et s'étant rendu compte d'une façon expérimentale et précise de la qualité des terres de sa ferme ainsi que des modifications à apporter, il mit en pratique et avec succès le résultat de ses méticuleuses observations.
Remplaçant la charrue Dombasle par la charrue fixe, acquérant tout l'outillage perfectionné nécessaire, sélectionnant et variant ses semences, il arriva rapidement à obtenir un rendement supérieur et devint un des agriculteurs les plus avertis du pays.
Chaque année il était, depuis longtemps, le propriétaire ayant terminé le premier la rentrée de ses récoltes de céréales. Les résultats remarquables qu'il obtint firent sensation parmi les agriculteurs et, souvent, de nombreux colons lui demandaient des conseils qu'il leur donnait toujours avec le plus grand plaisir, heureux de faire des prosélytes pour l'agriculture raisonnée, méthodique qu'il pratiquait avec succès.
Entretemps, l'aménité de son caractère, la fermeté de ses convictions républicaines, sa parfaite connaissance des questions algériennes l'avaient fait choisir par ses concitoyens, d'abord en 1898 comme conseiller général de la circonscription de Bordj-bou-Arréridj, puis en 1904 une première fois comme maire, et ensuite quatre ans après en 1908 il fut réélu pour diriger de nouveau la commune. Dans l'assemblée départementale il siégea aux côtés de MM. Joly de Brésillon, Mercier, Morinaud, et, grâce à sa parfaite connaissance des questions de colonisation algérienne, à l'inflexibilité de ses principes républicains, il acquit rapidement une notoriété certaine, qui le fit choisir souvent comme membre de commissions importantes.
Comme maire de la ville de Bordj-bou-Arréridj, il rendit les plus grands services. Avec ses collaborateurs du conseil municipal, il s'occupa de l'hygiène publique, de la propreté de la ville, et fit effectuer des travaux d'égouts, de trottoirs, et construire les deux écoles de garçons et de filles qui remplacèrent si avantageusement les anciens locaux insuffisants.
En raison de la droiture de son caractère, de la pondération de son esprit, il avait été nommé par Monsieur le Procureur Général pour remplir la fonction de juge de paix suppléant, et dans l'exercice de cette délicate fonction il apporta toujours la plus grande impartialité, jointe au jugement le plus sain.
Le climat de Bordj-bou-Arréridj ayant altéré sa santé, il dut, il y a quelques années, et bien à regret, se retirer à Alger. Il quitta les fonctions de maire qu'il avait exercées pendant huit ans, laissant les finances communales dans une situation des plus florissantes, et quitta aussi celle de juge de paix suppléant. Dans la capitale algérienne son patriotisme ardent le porta à s'occuper tout spécialement de l'excellente Société des Alsaciens-Lorrains et ses cosociétaires, en raison du zèle qu'il déploya, le nommèrent membre du Conseil d'administration.
Lors de la déclaration de guerre, M. BOULET reprit du service et fut mobilisé comme officier-comptable de première classe à Constantine et à Mostaganem mais, de nouveau, l'état précaire de sa santé l'obligea à renoncer à ses fonctions et il fut nommé officier d'administration honoraire.
La vie de M. BOULET fut exemplaire. Il fit donner l'éducation et l'instruction les plus complètes à ses trois enfants, et tous les actes de sa vie intime n'étaient inspirés que par le désir de rendre heureuse sa bien intéressante famille.
Je suis persuadé que les enfants de notre regretté ami, qu'il a eu le bonheur de voir arriver à l'âge d'homme perpétueront dignement au milieu de nous un nom universellement honoré, et qui est sorti intact des exigences de la vie ordinaire mais aussi des luttes politiques antérieures qui ne furent pas sans âpreté.
Le sentiment du devoir qui animait M. BOULET était parfait, et jamais sa conscience ne fut troublée par le plus petit reproche. Sa charité était inépuisable et quand une infortune lui était signalée, qu'il s'agisse d'un Français, d'un Européen ou d'un Indigène, se dégageant des contingences des différentes professions, il agissait selon sa raison, son bon coeur, et sa bourse était toujours discrètement mais largement ouverte.
Aussi quand la fatale nouvelle de sa mort se répandit dans notre cité n'entendit-on que des regrets unanimes. Chaque personne que l'on rencontrait manifestait à l'annonce de son décès imprévu son sentiment intime par ces mots : "Monsieur BOULET était un honnête homme".
Ce sentiment populaire exprimé si simplement est la plus belle apologie que l'on puisse faire du caractère de l'homme intègre qui nous quitte si brusquement !
Notre ami, si patriote, n'aura pas eu la satisfaction de voir le retour à la France de notre Alsace-Lorraine, retour qu'il prévoyait voir prochainement avec la rentrée de ses deux fils, militaires depuis bientôt quatre ans. Il eut cependant l'ultime consolation de voir, avant de mourir, son fils Georges, venu en permission.
Au nom de ses nombreux amis, j'adresse le dernier adieu à M. BOULET. Je m'associe aux profonds regrets de sa digne compagne, de ses enfants, de toute sa famille.
Puisse l'hommage rendu à votre souvenir, mon cher BOULET, être une consolation dans leur douleur.
Dormez en paix, vous dont la vie fut exemplaire.
Et si l'au-delà veut que la conscience survive à notre existence terrestre, la vôtre vous rendra éternellement le témoignage que vous avez toujours été un homme de bien, un père de famille sans reproche, et, dans toute l'acception du mot, un bon citoyen.
Nous nous inclinons respectueusement devant la tombe du regretté disparu et prions les familles que cette perte cruelle met en deuil l'hommage de nos sentiments sincères de condoléances."
Quelques mots sur Bordj-bou-Arréridj
Bordj-bou-Arréridj en 1900. Commune de plein exercice, justice de paix de l'arrondissement judiciaire de Sétif à 60kms.
7.302 habitants, dont 917 européens et 6.385 indigènes. Superficie 18.520 ha.
Marché très important le jeudi. Céréales, élevages de bestiaux.
Altitude 915 mètres. Marché couvert.
Ecole de garçons, filles et maternelle.
Très importante et jolie petite ville, fort bien située sur un plateau.
Douars : Hassenaouf, Ouled Hamich.
(Alger-roi.fr)
Joseph BOULET eut trois enfants :
- BOULET André Jean Joseph, o 08/12/1895 à Bordj-bou-Arréridj, + 22/07/1974 à Nice, Alpes-Maritimes, qui épouse à Alger, le 08/08/1919, Marie-Louise PAULET, née le 24/08/1896 à Céres (Algérie), décédée le 08/10/1998 à Nice.
- BOULET Georges, qui épouse Alice BOHADJAR.
- BOULET Rose, qui épouse Gaston MAILLE.
Sources :
- Mme Denise BOULET-DUNN, http://denisebd.wordpress.com/
- C.A.O.M., site IREL.
- alger-roi.fr
- A.D. 88 Epinal.
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