Demandes de concessions de terres par des colons (1841-1855).
Demandes et offres d'emplois en Algérie (1842-1870).
Lettre du 04/06/1841, du Ministre de la Guerre, direction des affaires de l'Algérie, 2ème bureau - Administration et comptabilité, au Préfet du Haut-Rhin :
Rejet de la demande de concession et de passage en Algérie faite par le sieur PAULTRE.
"Monsieur le Préfet,
Il m'est parvenu une demande adressée le 26 avril dernier par le sieur
PAULTRE (Prelong Narcisse), cultivateur à Belfors, à M. le sous-Préfet de cet arrondissement, à l'effet d'obtenir des secours de route et le passage gratuit pour se rendre en Algérie, où il désire exercer la profession d'agronome.
Le sieur PAULTRE annonce ne posséder aucune ressource pécuniaire. Ce cultivateur ne se trouvant conséquemment dans aucune des conditions exigées par ma circulaire du 28 février dernier, je vous prie de le faire informer des motifs qui empêchent de donner suite à sa demande.
Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très distinguée.
Le Président du Conseil
Ministre d'Etat Secrétaire de la Guerre.
Pour le Ministre et par son ordre.
Le Conseiller d'Etat, Directeur.
Signé : illisible."
Brouillon de lettre du 10/06/1841, du Préfet du Haut-Rhin au sous-Préfet de Belfort - N° 8835 :
Police - Rejet de la demande du sieur PAULTRE en passage et concession de biens en Algérie.
"Monsieur le sous-Préfet,
Monsieur le Ministre de la Guerre a reçu une demande à vous adressée le 26 avril dernier par le sieur
PAULTRE (Prelong Narcisse), cultivateur à Belfort, aux fins d'obtenir des secours de route et du passage gratuit pour se rendre en Algérie où ce dernier désire exercer la profession d'agronome.
Dans sa demande le sieur PAULTRE annonce ne posséder aucune ressource pécuniaire. Il ne se trouve conséquemment dans aucune des conditions exigées par les instructions qui ont fait l'objet de ma circulaire du 17 mars dernier (pages 75 et 76 au recueil des actes de la préfecture).
Monsieur le Ministre me fait connaître par sa lettre du 4 juin, qu'il n'y a pas lieu dès lors de donner suite à la demande.
Je vous prie de faire notifier cette décision au sieur PAULTRE."
Brouillon de lettre du 17/02/1843, du Préfet au Ministre de la Guere :
Demande de concession de terres en Algérie formées par cinq familles domiciliées à Kuenheim (arrondissement de Colmar).
"Monsieur le Ministre,
Le 11 du courant j'ai eu l'honneur de vous transmettre trois demandes présentées par autant de cultivateurs de
Kuenheim (arrondissement de Colmar) aux fins de concessions de terres en Algérie et d'obtention du passage gratuit.
Des demandes semblables viennent de m'être remises par les chefs de cinq autres familles X (à cet endroit, un X ramène à la marge. Voir plus bas) de cultivateurs de la même commune.
Je m'empresse de Vous transmettre ces demandes ci-jointes.
D'après la composition de ces familles qui se livrent exclusivement à la culture des terres, comme aussi d'après les ressources dont elles peuvent disposer et les bons renseignements recueillis sur leur moralité, je ne puis qu'accorder mon appui à leurs demandes.
Il serait à désirer dans l'intérêt de ces familles, qu'elles puissent se mettre en route le plutôt possible."
x : "Ajouté le 19 7bre d'après les déclarations de BUSER père :
-
BUSER Mathias, père,
-
BUSER Mathias, fils,
-
LAUFFENBURGER Mathias,
-
SIGWALD Philippe,
-
HURDER Jacques.
En dessous : "Viser les certificats."
Brouillon de lettre du 29/03/1843, du Préfet au Ministre de la Guerre :
Demande en concession de terres formée par le sieur HENRY.
"Monsieur le Ministre,
Le sieur
HENRY (Pierre), journalier, domicilié à Vellescot (arrondissement de Belfort) sollicite la concession de terres en Algérie et le passage gratuit.
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-jointe la demande qu'il a présentée à cet effet, et qui est appuyée d'une attestation de l'autorité locale.
Il résulte de ces précédents et des renseignements donnée par M. le sous-Préfet, que la famille HENRY se compose de sept personnes, dont 5 enfans de 8 à 22 ans; que le pétitionnaire s'est toujours bien conduit et que ses ressources sont de 1.000 à 1.200 francs. La demande paraît donc susceptible d'être prise en considération."
Lettre du 22/11/1843, division des affaires de l'Algérie, 2ème bureau, législation, contentieux, colonisation. Section de la Colonisation, au Préfet du Haut-Rhin :
En marge : "On demande au sieur GUTHMANN des certificats constatant ses ressources pécuniaires."
"Monsieur le Préfet,
Le sieur
GUTHMANN (Jean), cultivateur, demeurant à Vogelgrün, canton de Neuf-Brisach, dans votre département, m'a adressé en date du 10 de ce mois une demande en concession de terres en Algérie. Il y a joint des certificats attestant sa moralité et la composition de sa famille.
Veuillez informer le sieur GUTHMANN que j'ai besoin de connaître aussi par certificats authentiques le chiffre exact des ressources pécuniaires dont il pourrait disposer à son arrivée en Algérie. Je vous prie de me transmettre cette pièce, aussitôt que le pétitionnaire vous l'aura fait parvenir.
Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération distinguée.
Le Président du Conseil.
Ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre.
Pour le Ministre et par son ordre,
Le Conseiller d'Etat, Secrétaire général.
Signé : martineau."
En marge : "Transmis en communication à Mr le Maire de Vogelgrün pour qu'il ait à vous adresser le certificat demandé ci-contre.
Monsieur le Maire, en nous renvoyant la présente, devra attester, en même temps, l'exactitude des renseignements qui se trouveront consignés dans le dit certificat.
Colmar, le 27 novembre 1843."
En bas : "La présente devra être renvoyée à la Préfecture."
Lettre du 01/12/1843, du Maire de Vogelbrün au Préfet :
Affaires de l'Algérie - 11.477 bis
"Monsieur le Préfet,
C'est avec le plus profond respect que je vous transmet le certificat demandé dans la réponse de Monsieur le Ministre, au sujet des ressources pécuniaires dont pourra disposer à son arrivée en Algérie le sieur
GUTHMANN, qui a formulé la demande à Son Excellence Monsieur le Ministre de la Guerre en date du 10 du mois passé.
Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.
Le Maire : Ambiel."
Brouillon de lettre du 8 décembre 1843, du Préfet au Ministre de la Guerre :
11.477 bis - Emigration en Algérie, colonisation. Envoi d'un certificat constatant les ressources pécuniaires du sieur GUTHMANN.
"A Monsieur le Ministre de la Guerre.
Monsieur le Ministre,
Par votre lettre du 22 novembre dernier, vous m'avez fait l'honneur de m'informer que le sieur
GUTHMANN Jean, cultivateur, demeurant à Vogelgrün, vous avait adressé une demande en concession de terres en Algérie, et vous m'avez invité à vous faire parvenir un certificat constatant, d'une manière précise, les ressources pécuniaires du pétitionnaire.
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-jointe cette pièce, (ici, trois lignes barrées) de laquelle il résulte que le pétitionnaire pourra disposer, à son arrivée à Alger, d'une somme de 350 francs.
Si comme il y a lieu de le penser cette somme n'est pas suffisante pour obtenir la concession de terres, je pense qu'il pourrait être accordé au sieur GUTHMANN un permis d'embarquement gratuit, comme
ouvrier, si du reste les pièces qu'il vous a adressées directement, établissent qu'il se trouve dans les conditions voulues."
En marge : "Il résulte de la vérification faite que le permis d'embarquement gratuit en Algérie, qui avait été délivré au sieur GUTHMANN, n'est point parvenu à la Préfecture du Haut-Rhin, où il n'aurait pas obtenu de passeport pour se rendre dans ce pays. 2 avril 1844."
En bas : "Viser le certificat."
Brouillon de lettre du 07/03/1843, du Préfet au Haut-Rhin au sous-Préfet de Belfort :
En marge : "Emigration pour l'Algérie. Demandes des sieurs POIRRIER, GIRARD et veuve CHEVIRON."
"Monsieur le sous-Préfet,
Les sieurs
POIRRIER Alexis, GIRARD François, cultivateurs,
veuve CHEVIRON née MOUNIER, d'Anjoutey, ont adressé directement à Monsieur le Ministre de la Guerre, des certificats dans le but d'obtenir des concessions de terres dans les nouveaux villages qui se forment en Algérie.
Ils annoncent en ressources pécuniaires, le nommé POIRRIER, 4.900 francs, le sieur GIRARD, 600 francs et la veuve CHEVIRON 1.300 francs.
Monsieur le Ministre de la Guerre me fait connaître qu'avant d'envoyer les demandes à Monsieur le Directeur de l'Intérieur à Alger, il est nécessaire qu'il sache, par des renseignements particuliers, si les pétitionnaires sont réellement dans la position qui leur est faite dans les certificats ci-inclus, mentionnant des pièces à l'appui qui ne sont pas jointes.
Je vous prie de faire produire des demandes spéciales et de faire compléter les certificats, (ici, 3 lignes barrées) en y faisant indiquer la quotité des ressources dont chacun des pétitionnaires pourra disposer à son arrivée en Algérie.
Veuillez me transmettre ensuite toutes les pièces avec les renseignements particuliers que vous aurez recueillis.
Les certificats devront être visés par vous.
Monsieur le Ministre désirant que chacune des demandes de concessions lui parviennent par mon intermédiaire, je désire que vous ayez soin d'en informer les personnes qui transgresseraient à la sous-Préfecture les formalités à remplir (ici, lignes barrées) pour obtenir de ces concessions."
Brouillon de lettre du 12/10/1843, du Préfet du Haut-Rhin au sous-Préfet de Belfort :
En marge : "Emigration en Algérie. Demandes des nommés POIRRIER, GIRARD et veuve CHEVIRON. Lettre de rappel."
"Monsieur le sous-Préfet,
J'ai eu l'honneur de vous informer le 7 mars dernier, que les sieurs
POIRRIER (Alexis, GIRARD (François) et la
veuve CHEVIRON née MOUNIER, d'Anjoutey, avaient adressé directement à Monsieur le Ministre de la Guerre des certificats dans le but d'obtenir des concessions de terres en Algérie, et qu'ils accusaient en ressources pécuniaires, le sieur POIRRIER, 4.900 francs, le sieur GIRARD, 600 francs et la veuve CHEVIRON 1.300 francs.
Je vous ai prié en même temps de me faire connaître si les pétitionnaires se trouvaient réellement dans la position qui leur est faite dans ces certificats, de faire produire des demandes spéciales, enfin de faire indiquer sur les certificats la quotité des ressources dont chacun des pétitionnaires pourrait disposer.
Veuillez me transmettre (ici, 2 lignes barrées) toutes ces pièces avec les renseignements particuliers que vous aurez recueillis sur la moralité des pétitionnaires, ou me faire savoir s'ils ont renoncé à leur demande."
Lettre du 21/10/1843, du Maire d'Anjoutey au sous-Préfet de Belfort :
En marge : "Transmis à Monsieur le Préfet en réponse à sa lettre du 12 octobre courant. Belfort, le 29 octobre 1843. Le sous-Préfet."
"Monsieur le sous-Préfet,
En réponse à votre lettre en date du 13 courant, par laquelle vous m'enjoignez de vous donner des renseignements relativement à la demande adressée à Monsieur le Ministre de la Guerre par MM.
POIRRIER Alexis, GIRARD François et dame
MOUNIER veuve CHEVIRON, de notre commune, à l'effet d'obtenir des concessions de terre en Algérie et un secours pécuniaire.
Je puis vous dire qu'ils ont renoncé à leur demande; les deux sont tranquilles (à) Anjoutey et la troisième est partie pour l'Amérique - Etats Unies.
Monsieur le sous-Préfet, recevez l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Le Maire d'Anjoutey.
Signé : illisible."
Brouillon de lettre du 02/11/1843, du Préfet du Haut-Rhin au Ministre de la Guerre :
En marge : "Emigrations pour l'Algérie. Demande des nommés POIRRIER, GIRARD et veuve CHEVIRON. Renseignements."
"Monsieur le Ministre,
Vous m'avez fait l'honneur de m'informer le 27 février dernier, que les sieurs
POIRRIER (Alexis), GIRARD (François) et la
veuve CHEVIRON née MOUNIER, d'Anjoutey, vous avaient adressé directement des certificats dans le but d'obtenir des concessions de terres en Algérie (ici, trois lignes barrées).
Vous m'invitiez en même temps à vous faire connaître si les pétitionnaires se trouvaient réellement dans la position qui leur était faite dans ces certificats (ici, 16 lignes barrées, remplacées par :), en ce qui concernait leurs ressources pécuniaires.
Ayant réclamé de nouveau à Monsieur le sous-Préfet de l'arrondissement de Belfort les renseignements que je lui avais demandé à cet égard, ce fonctionnaire vient de m'informer que des trois pétitionnaires ci-dessus désignés, les deux premiers ont renoncé à leur demande, et quant à le veuve CHEVIRON qu'elle est partie pour l'Amérique.
J'ai cru devoir, Monsieur le Ministre, vous en donner avis."