L'Algérie
Publié le 15/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Recherches sur la géographie et le commerce de l'Algérie méridionale - 1844.
Voici un texte tiré de la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes qui dresse un portrait géographique et commercial de l'Algérie en 1846. C'est une notice bibliographique sur une publication dont l'auteur est E. Carette.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
RECHERCHES SUR LA GEOGRAPHIE ET LE COMMERCE DE L'ALGERIE MERIDIONALE, par E. CARETTE. 2 volumes in-8°. Paris, imprimerie royale, 1844.- Faisant partie de l'Exploration scientifique de l'Algérie, publiée par ordre du Ministre de la Guerre.
Ce livre traite en effet de l'Algérie méridionale, c'est-à-dire de cette portion de l'Algérie, éloignée non pas seulement des établissements et des nouveaux villages de colons, mais même des derniers postes militaires qui les protègent; de cette région que nos armées n'ont pas encore visitée, et où nul Européen ne voudra de longtemps voyager isolément.
La première question que l'on s'adresse est de savoir comment M. Carette a pu, sans y pénétrer, dresser le tableau géographique et commercial d'un semblable pays. Cela s'est fait par un procédé aussi simple qu'ingénieux et dont les résultats sont surprenants de clarté, de richesse, on dirait presque de certitude.
Sans quitter pour ainsi dire Alger, M. Carette s'est mis en rapport avec les Arabes qui viennent des tribus les plus éloignées apporter à la côte et surtout à la capitale les produits de leur récolte. Grace à la connaissance parfaite de la langue indigène, que lui a donnée un long séjour en Afrique, M. Carette a pu prendre à part et interroger individuellement tous ces marchands voyageurs, répétant les mêmes questions à dix individus du même village, prenant note de leurs réponses, les réunissant et les interrogeant ensuite ensemble pour une dernière vérification; puis, passant à la tribu voisine, reprenant, sans se lasser, les mêmes détails, et parcourant ainsi de proche et proche l'Algérie entière. M. Carette a pu de la sorte dresser la carte et la statistique des provinces les plus reculées jusqu'au désert, et réunir les renseignements les plus précis sur des pays et des peuplades dont les noms mêmes n'avaient jamais été indiqués avant lui.
Il est arrivé, par le même procédé, à figurer le réseau de toutes les voies de communication existant au sud de l'Algérie, à donner même la distance d'un village à un autre. On ne citerait pas de localité un peu marquante dont M. Carette ne puisse indiquer approximativement le nombre de tentes, le nombre d'hommes, leur richesse, la nature de leur industrie, leur état intellectuel et moral; car l'auteur, aussi persévérant que sagace, n'a rien négligé pour compléter ses investigations testimoniales.
Dans la partie géographique, la seule à laquelle nous puissions nous arrêter ici, M. Carette précise d'abord la distinction, imparfaitement connue, du
Tell et du
Sahara. Le Tell est la partie septentrionale ou maritime de l'Algérie; le Sahara est au-delà et précède le désert. Dans le Tell se trouvent nos camps, nos établissements, à côté d'immenses espaces de terres cultivables qui pour longtemps suffiront à nos efforts de colonisation. Si l'on veut tracer à peu près la limite de cette région, depuis le Maroc jusqu'à la régence de Tunis, on doit suivre une ligne qui partant de la position de Sidi-Ahmed ben Abdallah, à 8 lieues sud-est de la ville marocaine d'Ouchda, touche El Gor, Saïda et Frenda, passe au sud de Takdempt, touche Gondjila, laisse Msila à 5 lieues au sud, touche El Gantar, laisse encore Biskra à 6 lieues au sud et s'arrête à Négrin, sur la limite du royaume tunisien.
C'est dans cette grande étendue de pays de 150 lieues de long sur une profondeur variable de 20 à 50 lieues, que se trouvent, outre les ports de mer, les villes de Mascara, Takdempt, Orléansville, Médéah, Blidah, Sétif, Djimilah, Constantine, etc. Au sud de la ligne que nous venons de tracer, est le Sahara algérien, dont les villes principales sont Aïn-Madhi, Msila, Bousada, Biskra, Tuggurt, Goug, Metlilli, Ouareglah, Rardia, etc.
Le Tell est le pays des céréales, du labourage et des moissons; le Sahara est le pays des palmiers, des fruits et des pâturages. Les habitants du Tell sont essentiellement agriculteurs; ceux du Sahara sont pasteurs et jardiniers. Ces définitions, empruntées au livre de M. Carette, surprendront peut-être quelques personnes que trompent encore la confusion occasionnée par les géographes et les poètes, entre le Sahara et le désert. Il faut ici laisser parler l'auteur lui-même :
"Compris sous deux dénominations qui s'excluaient mutuellement, appelé par les uns "grand désert", ce qui entraînait l'idée de la désolation et de la stérilité; appelé par les autres "pays des dattes", ce qui impliquait l'idée de la production et du travail, le Sahara était devenu une contrée fantastique dont notre ignorance agrandissait les proportions et uniformisait l'aspect. Depuis les montagnes qui bordent l'horizon du Tell, jusqu'aux premières côtes du pays des noirs, il semblait que la nature eût étendu une nappe uniforme composée de steppes ardentes, région maudite... Tel n'est point l'aspect du Sahara, vaste archipel d'oasis dont chacune offre un groupe animé de villes et de villages. Autour de chaque village règne une ceinture d'arbres fruitiers : le palmier..., le grenadier, le figuier, l'abricotier, le pêcher et la vigne... Le Sahara ne règne pas seulement au sud de la régence d'Alger, il s'étend au midi de la régence de Tunisie et de l'empire du Maroc; dans ces deux états, la zone septentrionale porte aussi le nom de Tell. Il existe donc un Tell et un Sahara tunisiens, un Tell et un Sahara algérien, un Tell et un Sahara maroquin."
Mais à quelle profondeur s'étend le Sahara algérien ? Et jusqu'où faudra-t-il descendre, si l'on veut en trouver le terme ? Question intéressante pour la géographie et liée à cette autre question importante : l'Algérie a-t-elle vers le sud une limite arrêtée et naturelle ?
Le livre de M. Carette nous donne ici une réponse affirmative et péremptoire. Oui, l'Algérie a une limite physiquement et distinctement marquée par une suite continue d'oasis qui, partant du Maroc, arrive à la régence de Tunis, sous les noms d'Ouad-Sidi-Cheihk, Ouad-Mzab, Ouaregla, Temacin, Oulad-Rir et Ouad-Souf. Au-delà de cette ligne est le désert, le vrai et grand désert; au-dedans sont les oasis ou le Sahara. C'est cette grande région mitoyenne, renfermée entre le Tell et le désert, région inexplorée et presque inconnue, que M. Carette a décrite en détail.
Après l'étude géographique du pays, l'auteur passe à la statistique commerciale et suit tout le mouvement des tribus. Il fait connaître leurs marchés, la nature et quelquefois la quotité de leur commerce, les ressources de leur agriculture, leurs moyens d'échange, leurs marchandises, le prix des denrées, les relations des villes et des oasis entre elles, les routes que suivent leurs marchands pour se rendre à la côte, les placements qu'ils y trouvent et les moyens d'augmenter ces débouchés.
M.-L
Source :
Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1846, 2ème série, tome III.
Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Les autorités dirigeantes en Algérie de 1830 à 1962 :
Commandants en chef :
- Maréchal de Bourmont (Louis Auguste Victor de Ghaisnes, comte de Bourmont), juin 1830 - septembre 1830
- Maréchel Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), septembre 1830 - février 1831
- Générél Berthézène, février 1831 - décembre 1831
- Général Savary (Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo), décembre 1831 - mars 1833
- Général Théophile Voirol, juillet 1833 - juillet 1834.
Gouverneurs généraux :
- Général Drouet d'Erlon (Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon), juillet 1834 - avril 1835
- Maréchal Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), août 1835 - février 1837
- Général de Damrémont (Charles Denys, comte de Damrémont), février 1837 - octobre 1837
- Maréchal Valée (Sylvain Charles, comte Valée), octobre 1837 - juillet 1840
- Général Bugeaud (Thomas-Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly), décembre 1840 - juillet 1847
- Duc d'Aumale (Henri d'Orléans, duc d'Aumale), septembre 1847 - février 1848
- Général Cavaignac (Louis Eugène Cavaignac), mars 1848 - mai 1848
- Général Changarnier (Nicolas-Anne Théodule Changarnier), mai 1848 - juin 1848
- Général Maray-Monge, juin 1848 - septembre 1848
- Général Charron, septembre 1848 - juin 1850
- Général Pélissier, juin 1850 - octobre 1850
- Général Randon, décembre 1851 - juin 1857
- Général Renault, juin 1857 - juin 1858.
Ministres de l'Algérie et des Colonies :
- Prince Jérôme Napoléon, juin 1858 - 1859
- Comte de Chasseloup-Laubat, 1859 - novembre 1860.
Gouverneurs généraux :
- Maréchal Pélissier (Aimable Pélissier, duc de Malakoff), décembre 1860 - septembre 1864
- Maréchal de Mac-Mahon (Edme Patrice Maurice de Mac-Mahon), septembre 1864 - juillet 1870
- Général Durrier, juillet 1870 - octobre 1870
- Général Walsin-Esterhazy, octobre 1870 - novembre 1870.
Commissaires extraordinaires :
- Charles du Bouzet, novembre 1870 - février 1871
- Alexis Lambert, février 1871 - mars 1871.
Gouverneurs généraux (civils) :
- Vice-Amiral de Gueydon (Louis Henri, comte de Gueydon), mars 1871 - juin 1873
- Général Chanzy (Antoine Alfred Eugène Chanzy), juin 1873 - février 1879
- Albert Grévy, mars 1879 - novembre 1881
- Louis Tirman, novembre 1881 - avril 1891
- Jules Cambon, avril 1891 - septembre 1897
- Louis Lépine, septembre 1897 - août 1898
- Edouard Laferrière, août 1898 - octobre 1900
- Célestin Jonnart, octobre 1900 - juin 1901
- Paul Revoil, juin 1901 - avril 1903
- Célestin Jonnart, janvier 1918 - juillet 1919
- C.B. Abel, juillet 1919 - juillet 1921
- Théodore Steeg, juillet 1921 - mai 1925
- Maurice Violette, mai 1925 - novembre 1927
- Pierre Bordes, novembre 1927 - octobre 1930
- Jules Cardes, octobre 1930 - septembre 1936
- Georges Le Beau, septembre 1936 - juillet 1940
- Amiral Abrial, juillet 1940 - avril 1941
- Général Maxime Weygand, juillet 1941 - octobre 1941
- Yves Chatel, octobre 1941 - décembre 1942
- Marcel Peyrouton, décembre 1942 - juin 1943
- Général Georges Catroux, juin 1943 - septembre 1944
- Yves Chataigneau, septembre 1944 - décembre 1947
- Marcel-Edmond Naegelen, février 1948 - avril 1951
- Roger Léonard, avril 1951 - décembre 1954
- Jacques Soustelle, janvier 1955 - janvier 1956.
Ministres résidents :
- Général Georges Catroux, février 1956
- Robert Lacoste, février 1956 - mai 1958.
Délégués généraux du gouvernement :
- Général Raoul Salan, juin 1958 - décembre 1958
- Paul Delouvrier, décembre 1958 - septembre 1960
- Jean Morin, septembre 1960 - avril 1962.
Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
L'Algérie n'était pas rentable.
La colonie idéale ? Une terre conquise à moindre frais, qui n'aurait rien coûté au budget de l'état, qui aurait assuré à bon prix des matières premières rares ou d'importance stratégique pour la Métropole, et qui ne se serait jamais rebellée contre la puissance souveraine.
L'Algérie est évidemment bien loin de ce cas de figure. Elle n'a jamais été "rentable" pour la France, pas plus d'ailleurs que la Corrèze, la Corse ou la Lozère...
La conquête, en revanche, ne semble pas avoir été coûteuse, si on la limite aux dépenses de l'expédition de 1830.
D'après l'Intendant général du corps expéditionnaire, le baron DENNIEE, les dépenses de la Marine et de la Guerre pour la prise d'Alger ont été de :
48,5 millions de francs,
(soit quand même l'équivalent des dépenses de travaux publics en 1830), mais couvertes par le trésor de la Casbah évalué méticuleusement à :
48.684.527,94 francs,
(dont 43.393.793 furent expédiés à Paris, et 5.285.729,94 restèrent à Alger pour les besoins de l'armée et les frais de l'expédition).
Opération blanche dont !
Mais on fut étonné, à dresser le compte des ressources d'Alger, de voir que les revenus réguliers de la Régence ne dépassaient pas 700.000 francs, alors qu'avant la conquête le maréchal de BOURMONT les avait évalué à 10 millions !
Quant aux revenus personnels du Dey, ils s'élevaient à plus d'un million et demi par an, soit plus de deux fois les recettes de l'état.
Si la conquête fut peu coûteuse, la colonisation risquait d'être ruineuse !
En 1900, l'Algérie n'avait pas encore de budget particulier.
Tout déficit peut être considéré comme un charge imposée au contribuable métropolitain. On peut la chiffres :
- de 1831 à 1834 : 52,2 millions
- de 1835 à 1840 : 227,4 millions
- de 1841 à 1847 : 560,9 millions
- de 1848 à 1871 : 1.669,1 millions
- de 1872 à 1890 : 2.471,9 millions.
On importait d'Algérie des vins, des alcools, des céréales (surtout du blé), des béliers, des brebis, des moutons et des laines (1% des importations totales en laines de la France). Aussi du minerai de fer. On y exportait des tissus, des vêtements et des produits de l'industrie mécanique.
A la fin du 19ème siècle, l'Algérie est plutôt à considérer comme un débouché garanti, plutôt que comme un réservoir de matières premières stratégiques.
De 1900 jusque vers 1950, les données se modifient quelque peu. Mais après les années 1950, les ressources du budget Algérien ne suffisent plus à couvrir les dépenses en forte progression.
Les dépenses publiques Algériennes qui n'avaient jusque là jamais dépassé 19% de la production intérieure brute, s'élèvent, en 1955, à 40%
De 1952 à 1962, la Métropole devra tout prendre en charge, car l'économie de l'Algérie, incapable d'absorber une croissance démographique explosive, se dégradait inexorablement.
Les 3.350 milliards d'anciens francs qu'a représenté le débouché Algérien de 1952 à 1962, étaient inférieurs aux 3.528 milliards que le budget métropolitain a transférés en Algérie, au cours de la même période, pour assurer la solvabilité de son premier client.
Le sénateur PELLENC, dans son rapport de 1956 disait :
"S'il est exact de dire que l'Algérie est le "premier" client de la métropole, on ne saurait dire que c'est le "meilleur", car c'est un client très particulier : pour un tiers, il ne paie ses achats qu'avec des fonds que le vendeur lui donne !"
En 1961, l'Algérie achetait 421 milliards à la Métropole... qui lui en versait 638, pour rétablir les déséquilibres de son budget et de sa balance des paiements.
Quant aux exportations algériennes en France, elles étaient encore assurées pour plus de 55% par du vin qui, outre que la France n'en avait pas besoin, était payé 25% plus cher que le cours mondial.
On comprend mieux que, pour les comptables de l'époque, le pétrole n'ait pas été considéré comme la chance immense suceptible de faire de l'Algérie un nouvel Eldorado.
A la question de savoir si, sur la longue durée, l'Algérie française a été rentable, il faut donc répondre non.
A celle de savoir si elle a été rentable pour certains français, la réponse est évidemment oui.
Quant à savoir si la colonisation française a été rentable pour l'Algérie, il faudrait être bien téméraire, en cette année 1994, pour oser formuler une réponse.
Publié le 30/08/2008 à 12:00 par emigrationalgerie
Les territoires.
Dans la région d'Alger, sur 168.000 hectares :
- 95.000 reviennent à l'Etat,
- 37.000 à des Européens.
A Blida, au sud de la Mitidja, sur 4.066 hectares, seulement 1.414 hectares restent aux indigènes.
Dans l'Algérie, une tribu de la plaine du Chélif perd 12.000 de ses 39.000 hectares.
Telle autre, à proximité d'Affreville, en concerve moins de 4.000 sur ses 8.900.
Le Constantinois, qui concentre la moitié de la population arabe, est durement éprouvé :
- dans la région de Guelma, 3 tribus perdent 40 à 50 % de leurs terres,
- une quatrième en perd 85 %,
- les tribus des environs de Jemmapes n'ont plus que 2/5ème de leurs territoires.
Sur les 7.000.000 d'hectares inventoriés entre 1863 et 1870, près du tiers fut attribué au Domaine, ou reconnu comme bien communal et, comme tel, soustrait à la propriété indigène.
Ce n'était pas dans les vues de Napoléon III qui disait dans sa lettre du 6 février 1863 au Maréchal Pélissier : "L'Algérie n'est pas une colonie proprement dite, mais un royaume arabe", où les indigènes auront autant que les colons droit à sa protection.
Après la guerre de 1870, la IIIème République débuta avec une confiscation d'importante : 6 tribus durent céder 309.000 hectares (dont 73.000 leur furent plus tard restitués après rachat !), les autres devant en fournir 240.000 (au total : 476.000 hectares).
Une loi de 1887 permet de reprendre au profit de l'Etat d'autres opérations de délimitation des territoires :
- 175.000 hectares de 1881 à 1890,
- 120.000 hectares de 1891 à 1900,
- 200.000 hectares de 1901 à 1914,
- puis encore 125.000 hectares de 1920 à 1936.
En 1935, le domaine européen devait approcher 2,5 millions d'hectares, dont 1,5 millions fournis par la colonisation officielle.
Le prélèvement total serait de 7,7 millions d'hectares. En 1914, la propriété musulmane étant d'environ 9,2 millions d'hectares, on peut évaluer la déperdition foncière, étendue sur un siècle, à 40 % des terres indigènes.
La paupérisation s'ensuit. Il se produit un recul régulier de la production céréalière et du cheptel.
Pays du mouton par excellence, l'Algérie voit son troupeau ovin tomber de 8 millions de têtes en 1865 à moins de 5 millions en 1945.
Il se déclenche des famines (1887 - 1893 - 1897 - 1917 - 1920...) et des épidémies meurtrières. Beaucoup sont confrontés à une carence chronique.
Un énorme chômage rural (entre 500.000 et 1.000.000 d'individus vers 1950) provoque une migration vers les villes ou vers la Métropole.
Par contre, l'agriculture européenne est une réussite ! Des centaines de villages français s'édifient à travers le pays.
Ayant la sollicitude des pouvoirs publics, bien pourvu en terre, bien soutenu par le crédit et l'assimilation douanière, le colonat peut considérer avec fierté ses champs bien tenus, ses immenses vignobles, ses plantations de tabac, de primeurs et d'agrumes, ses forêts de chênes-lièges et ses mers d'alfa.
La confiscation foncière porte ainsi en elle le drame de l'Algérie algérienne et, paradoxalement, celui de l'Algérie française.
Publié le 27/08/2008 à 12:00 par emigrationalgerie
Voici comment l'on décrivait l'Algérie en 1917 :
ALGERIE
Les régions naturelles - L'Algérie est sillonnée d'ouest en est par deux séries de plissements parallèles qui la divisent en trois parties :
1) au nord, le Tell est formé par l'atlas tellien (massifs de l'Ouarsenis, de la Kabylie de la Medjerda), flanqué par des plaines côtières (plaines d'Oran, de la Mitidja ou d'Alger, de Bône), et sillonné par de hautes plaines intérieures (plaines de Tlemcen et de Sidi Bel Abbès, de Mascara, de Médéa et d'Aumale).
Le climat est méditerranéen : étés chauds et secs, de l'eau qu'après les pluies; oued Chélif, oued Sahel. La végétation est de type méditerranéen : forêts ou maquis de cèdres, cyprès, aloès, figuiers de Barbarie, eucalyptus. Les produits méditerranéens y réussissent : céréales, olivier et oranger, vigne.
2) au centre, les hauts plateaux, entre atlas tellien et atlas saharien (principal massif : l'Aurès), sont de hautes surfaces planes. En raison de leur altitude et de leur éloignement de la mer, leur climat est rude et continental, avec des pluies rares. Les eaux peu abondantes vont se perdre par les oueds, dans les chotts ou lagunes salées. Le principal de ces chotts est le Hodna.
La végétation comporte des steppes, à l'herbe maigre. Seule plante rémunératrice : l'alfa.
3) au sud, le désert du Sahara a un climat continental, aux grandes variations de températures et absolument sec. Végétation de steppe pauvre et de désert, sauf autour des points d'eau, où les palmiers-dattiers se groupent en oasis et permettent la culture des céréales (dourah).
La population de l'Algérie - La population de l'Algérie s'élève à 5.802.000 habitants.
L'élément indigène (4.971.000 d'habitants) comprend surtout :
1- des Kabyles ou Berbères, actifs, industrieux, surtout groupés dans les régions agricoles,
2- des arabes, indolents et fatalistes, plus nombreux dans les régions de pastorat et de nomadisme,
3- des juifs,
4- au sud, des touaregs.
L'élément européen : 831.000 habitants, favorisés par le climat, se recrute surtout parmi les peuples méditerranéens : Français, en majorité, Espagnols, Italiens et Maltais. Cette population est très inégalement répartie entre les trois régions naturelles : Espagnols région d'Oran, Italiens et Maltais la côte, région de Constantine et surtout la Tunisie.
Les villes de la côte (région du Tell) sont : Alger (195.000 habitants), Oran (138.000), Mostaganem, Ténès, Dellys, Bougie, Philippeville, Bône.
Celles des plaines intérieures sont : Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Mascara, Orléansville, Miliana, Sétif, Médéa et Constantine sur un haut plateau.
Région des hauts plateaux, quelques villages-marchés et Batna. Dans le Sahara, les seules agglomérations se trouvent dans les oasis : Biskra, Lagouhat, Ghardaîa, Ouargla, Aïn-Sefra, Figuig.
L'Algérie jouit d'une certaine autonomie administrative (Gouvernement général de l'Algérie). Elle est divisée en trois départements :
- Oran, chef-lieu Oran. Sous-Préfectures : Mascara, Mostaganem, Sidi Bel Abbès et Tlemcen.
- Alger, chef-lieu Alger. Sous-Préfectures : Miliana, Médéa, Orléansville et Tizi-Ouzou.
- Constantine, chef-lieu Constantine. Sous-Préfectures : Bône, Bougie, Guelma, Philippeville, Sétif et Batna.
L'Algérie n'a aucun cours d'eau navigable et sa côte, trop ouverte aux vents et à la houle du large, n'a que peu de bons ports. Mais elle est déjà bien pourvue de routes et possède parallèlement à la côte méditerranéenne, une grande ligne ferrée sur laquelle se greffent des embranchements, dont trois atteignent le Sahara (l'un vers l'est, à Biskra, l'autre vers le centre à Ghardaïa, le troisième vers l'ouest à Colomb-Béchar, près de l'oasis de Figuig.
L'Algérie est surtout un pays agricole : elle exporte du blé, de l'orge, du vin, de l'huile, des moutons, de la laine et de l'alfa. Mais l'industrie est presque nulle : pauvre en houille, mais très riche en gisements de fer et de phosphate, elle exporte ces deux minéraux sans guère les utiliser et importe beaucoup de produits fabriqués.
Dans son mouvement commercial (plus de deux milliards de francs) les importations et les exportations sont égales. La France y entre pour les cinq sixièmes.
Alger est le siège du 19ème Corps d'armée - Cour d'appel - Académie.
(Ecole Spéciale d'Administration - Cours de géographie - 1917)