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emigrationalgerie
Description du blog :
Correspondance, documents d'archives sur l'émigration allemande et alsacienne en Algérie. Articles.
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Blog Famille
Date de création :
11.06.2008
Dernière mise à jour :
05.11.2009

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Un élément du dossier de départ pour les colons de 1848.

Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Un élément du dossier de départ pour les colons de 1848.
Un élément du dossier de départ pour les colons de 1848.



Elément constitutif du dossier à réaliser pour le départ, en 1848, cet imprimé nous précise les renseignements et documents à fournir, pour postuler à être admis comme colon agricole en Algérie.

Une fois terminé, le dossier passait par une commission, qui décidait d'admettre ou non le postulant parmi les colons agricoles.

(ADBR Strasbourg, émigration, série III M)


Le départ de la famille Strauss.

Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Le départ de la famille Strauss.
Le départ de la famille Strauss.

Nicolas STRAUSS habite le village de Herxheim, en Bavière Rhénane, où il exerce la profession de chanvrier.
Gagnant difficilement sa vie, et ayant des difficultés à nourrir sa famille, il fait le voyage jusqu'à Strasbourg, où il se présente à la Préfecture à la fin de l'année 1852. L'Algérie ayant été conquise en 1830 par la France, il sait que l'on recherche des familles pour émigrer dans ce pays, et souhaite y être admis comme colon, pour s'y faire une nouvelle vie et faire ainsi le bonheur de sa famille.
Il souhaite dans un premier temps faire le voyage seul, pour y préparer la venue, un peu plus tard, de sa famille. Le Préfet lui accorde un permis de passage gratuit, avec secours de route jusqu'à Marseille, et Nicolas prend la route, plein d'espoir.

Un peu plus tard, il écrit à son épouse, pour lui demander de le rejoindre avec les enfants. Celle-ci fait ses bagages, passe la frontière à Wissembourg, où elle séjourne quelque temps. Elle se rend à la mairie de cette ville, pour y effectuer les démarches nécessaires afin d'obtenir les documents nécessaires pour rejoindre son époux en Algérie : passeport à l'intérieur, permis de passage gratuit et secours de route.
N'attendant pas sur place, pensant sans doute que cela ira plus vite si elle est à Strasbourg, elle s'y rend avec ses six enfants.

Mais là : catastrophe ! Marguerite tombe malade, à tel point qu'elle est obligée de se faire hospitaliser. Le 13 février 1853, un billet d'entrée de l'hôpital civil de Strasbourg indique qu'elle est admise ce jour-là, en salle 46, atteinte de "métrorrhagie" (sic). Quelle est cette maladie ?

Son séjour est confirmé par un certificat de police du canton-nord, qui précise qu'elle est fille de feu Jacques Kurtz et de feue Marguerite Weingarten, et qu'elle est indigente.
On y donne la composition de la famille :

- STRAUSS Marguerite, née KURTZ, épouse du sieur Nicolas STRAUSS, chanvrier
- STRAUSS Anne-Marie, 18 ans
- STRAUSS Catherine, 12 ans
- STRAUSS Barbe, 10 ans
- STRAUSS François, 6 ans
- STRAUSS Jacques, 4 ans
- STRAUSS Pierre, 2 ans.

Il est signalé qu'entre temps les enfants ont été confiés à l'Hospice des orphelins. Qu'on imagine la détresse de ces enfants, dont le père est loin de là, en Algérie, et la mère hospitalisée !

Marguerite restera près de quatre mois à l'hôpital civil de Strasbourg. Heureusement, elle guérira, et un certificat de l'hôpital attestera de sa sortie, le 7 juin 1853.
Elle récupère ses enfants, et, dès le lendemain, elle se présente à la Préfecture, pour expliquer son cas, et demander à poursuivre son voyage pour rejoindre son époux en Algérie.
On lui signale qu'elle n'aurait pas dû quitter Wissembourg, et y attendre les documents nécessaires, et que, d'ailleurs, son permis de passage gratuit a été envoyé à la mairie de cette ville le 18 mai dernier.
Mais, conciliante, la Préfecturel écrit le même jour au sous-Préfet de Wissembourg, pour qu'il fasse récupérer le document à la mairie, et lui adresser de suite.
Le 9 juin, le sous-Préfet s'exécute et renvoie à Strasbourg le permis de passage gratuit.

L'affaire se termine bien et, le 11 juin 1853, la Préfecture remet à Marguerite le fameux permis de passage gratuit, accompagné d'un sauf-conduit pour Marseille, avec secours de route pour 7 personnes.

Elle n'a pas dû tarder à prendre la route. Une autre aventure : par train, par coche d'eau, ils entreprennent la longue descente jusqu'à Marseille. Puis l'embarquement sur le bateau, la traversée de la mer, et, enfin l'accueil par leur mari et père, qui avait certainement dû se faire bien du souci pour sa famille.

Il n'est signalé nulle part, dans les documents consultés, quelle était la destination finale de la famille Strauss, ces colons allemands, parmi des centaines d'autres, émigrés dans un autre pays pour s'y forger une existence meilleure, du moins le pensaient-ils.
Peut-être le Centre des Archives d'Outre-Mar, à Aix-en-Provence, possède-t-il des documents permettant de retracer leur vie en Algérie. Quel y a été leur destin ?

(d'après documents conservés aux ADBR sous : émigration, série III M)

Les autorités dirigeantes en Algérie de 1830 à 1962.

Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Les autorités dirigeantes en Algérie de 1830 à 1962 :

Commandants en chef :

- Maréchal de Bourmont (Louis Auguste Victor de Ghaisnes, comte de Bourmont), juin 1830 - septembre 1830
- Maréchel Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), septembre 1830 - février 1831
- Générél Berthézène, février 1831 - décembre 1831
- Général Savary (Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo), décembre 1831 - mars 1833
- Général Théophile Voirol, juillet 1833 - juillet 1834.

Gouverneurs généraux :

- Général Drouet d'Erlon (Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon), juillet 1834 - avril 1835
- Maréchal Clauzel (Bertrand, comte Clauzel), août 1835 - février 1837
- Général de Damrémont (Charles Denys, comte de Damrémont), février 1837 - octobre 1837
- Maréchal Valée (Sylvain Charles, comte Valée), octobre 1837 - juillet 1840
- Général Bugeaud (Thomas-Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly), décembre 1840 - juillet 1847
- Duc d'Aumale (Henri d'Orléans, duc d'Aumale), septembre 1847 - février 1848
- Général Cavaignac (Louis Eugène Cavaignac), mars 1848 - mai 1848
- Général Changarnier (Nicolas-Anne Théodule Changarnier), mai 1848 - juin 1848
- Général Maray-Monge, juin 1848 - septembre 1848
- Général Charron, septembre 1848 - juin 1850
- Général Pélissier, juin 1850 - octobre 1850
- Général Randon, décembre 1851 - juin 1857
- Général Renault, juin 1857 - juin 1858.

Ministres de l'Algérie et des Colonies :

- Prince Jérôme Napoléon, juin 1858 - 1859
- Comte de Chasseloup-Laubat, 1859 - novembre 1860.

Gouverneurs généraux :

- Maréchal Pélissier (Aimable Pélissier, duc de Malakoff), décembre 1860 - septembre 1864
- Maréchal de Mac-Mahon (Edme Patrice Maurice de Mac-Mahon), septembre 1864 - juillet 1870
- Général Durrier, juillet 1870 - octobre 1870
- Général Walsin-Esterhazy, octobre 1870 - novembre 1870.

Commissaires extraordinaires :

- Charles du Bouzet, novembre 1870 - février 1871
- Alexis Lambert, février 1871 - mars 1871.

Gouverneurs généraux (civils) :

- Vice-Amiral de Gueydon (Louis Henri, comte de Gueydon), mars 1871 - juin 1873
- Général Chanzy (Antoine Alfred Eugène Chanzy), juin 1873 - février 1879
- Albert Grévy, mars 1879 - novembre 1881
- Louis Tirman, novembre 1881 - avril 1891
- Jules Cambon, avril 1891 - septembre 1897
- Louis Lépine, septembre 1897 - août 1898
- Edouard Laferrière, août 1898 - octobre 1900
- Célestin Jonnart, octobre 1900 - juin 1901
- Paul Revoil, juin 1901 - avril 1903
- Célestin Jonnart, janvier 1918 - juillet 1919
- C.B. Abel, juillet 1919 - juillet 1921
- Théodore Steeg, juillet 1921 - mai 1925
- Maurice Violette, mai 1925 - novembre 1927
- Pierre Bordes, novembre 1927 - octobre 1930
- Jules Cardes, octobre 1930 - septembre 1936
- Georges Le Beau, septembre 1936 - juillet 1940
- Amiral Abrial, juillet 1940 - avril 1941
- Général Maxime Weygand, juillet 1941 - octobre 1941
- Yves Chatel, octobre 1941 - décembre 1942
- Marcel Peyrouton, décembre 1942 - juin 1943
- Général Georges Catroux, juin 1943 - septembre 1944
- Yves Chataigneau, septembre 1944 - décembre 1947
- Marcel-Edmond Naegelen, février 1948 - avril 1951
- Roger Léonard, avril 1951 - décembre 1954
- Jacques Soustelle, janvier 1955 - janvier 1956.

Ministres résidents :

- Général Georges Catroux, février 1956
- Robert Lacoste, février 1956 - mai 1958.

Délégués généraux du gouvernement :

- Général Raoul Salan, juin 1958 - décembre 1958
- Paul Delouvrier, décembre 1958 - septembre 1960
- Jean Morin, septembre 1960 - avril 1962.

L'Algérie n'était pas rentable.

Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
L'Algérie n'était pas rentable.

La colonie idéale ? Une terre conquise à moindre frais, qui n'aurait rien coûté au budget de l'état, qui aurait assuré à bon prix des matières premières rares ou d'importance stratégique pour la Métropole, et qui ne se serait jamais rebellée contre la puissance souveraine.

L'Algérie est évidemment bien loin de ce cas de figure. Elle n'a jamais été "rentable" pour la France, pas plus d'ailleurs que la Corrèze, la Corse ou la Lozère...

La conquête, en revanche, ne semble pas avoir été coûteuse, si on la limite aux dépenses de l'expédition de 1830.
D'après l'Intendant général du corps expéditionnaire, le baron DENNIEE, les dépenses de la Marine et de la Guerre pour la prise d'Alger ont été de :

48,5 millions de francs,

(soit quand même l'équivalent des dépenses de travaux publics en 1830), mais couvertes par le trésor de la Casbah évalué méticuleusement à :

48.684.527,94 francs,

(dont 43.393.793 furent expédiés à Paris, et 5.285.729,94 restèrent à Alger pour les besoins de l'armée et les frais de l'expédition).

Opération blanche dont !

Mais on fut étonné, à dresser le compte des ressources d'Alger, de voir que les revenus réguliers de la Régence ne dépassaient pas 700.000 francs, alors qu'avant la conquête le maréchal de BOURMONT les avait évalué à 10 millions !

Quant aux revenus personnels du Dey, ils s'élevaient à plus d'un million et demi par an, soit plus de deux fois les recettes de l'état.

Si la conquête fut peu coûteuse, la colonisation risquait d'être ruineuse !

En 1900, l'Algérie n'avait pas encore de budget particulier.
Tout déficit peut être considéré comme un charge imposée au contribuable métropolitain. On peut la chiffres :

- de 1831 à 1834 : 52,2 millions
- de 1835 à 1840 : 227,4 millions
- de 1841 à 1847 : 560,9 millions
- de 1848 à 1871 : 1.669,1 millions
- de 1872 à 1890 : 2.471,9 millions.

On importait d'Algérie des vins, des alcools, des céréales (surtout du blé), des béliers, des brebis, des moutons et des laines (1% des importations totales en laines de la France). Aussi du minerai de fer. On y exportait des tissus, des vêtements et des produits de l'industrie mécanique.

A la fin du 19ème siècle, l'Algérie est plutôt à considérer comme un débouché garanti, plutôt que comme un réservoir de matières premières stratégiques.

De 1900 jusque vers 1950, les données se modifient quelque peu. Mais après les années 1950, les ressources du budget Algérien ne suffisent plus à couvrir les dépenses en forte progression.
Les dépenses publiques Algériennes qui n'avaient jusque là jamais dépassé 19% de la production intérieure brute, s'élèvent, en 1955, à 40%

De 1952 à 1962, la Métropole devra tout prendre en charge, car l'économie de l'Algérie, incapable d'absorber une croissance démographique explosive, se dégradait inexorablement.

Les 3.350 milliards d'anciens francs qu'a représenté le débouché Algérien de 1952 à 1962, étaient inférieurs aux 3.528 milliards que le budget métropolitain a transférés en Algérie, au cours de la même période, pour assurer la solvabilité de son premier client.

Le sénateur PELLENC, dans son rapport de 1956 disait :

"S'il est exact de dire que l'Algérie est le "premier" client de la métropole, on ne saurait dire que c'est le "meilleur", car c'est un client très particulier : pour un tiers, il ne paie ses achats qu'avec des fonds que le vendeur lui donne !"

En 1961, l'Algérie achetait 421 milliards à la Métropole... qui lui en versait 638, pour rétablir les déséquilibres de son budget et de sa balance des paiements.

Quant aux exportations algériennes en France, elles étaient encore assurées pour plus de 55% par du vin qui, outre que la France n'en avait pas besoin, était payé 25% plus cher que le cours mondial.

On comprend mieux que, pour les comptables de l'époque, le pétrole n'ait pas été considéré comme la chance immense suceptible de faire de l'Algérie un nouvel Eldorado.

A la question de savoir si, sur la longue durée, l'Algérie française a été rentable, il faut donc répondre non.

A celle de savoir si elle a été rentable pour certains français, la réponse est évidemment oui.

Quant à savoir si la colonisation française a été rentable pour l'Algérie, il faudrait être bien téméraire, en cette année 1994, pour oser formuler une réponse.

Le C.A.O.M.

Publié le 10/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Le C.A.O.M

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le C.A.O.M. (Centre des Archives d'Outre-Mer), situé à Aix-en-Provence, conserve des archives provenant les anciennes colonies et divers, et donc, naturellement, provenant d'Algérie.

En ligne, nous ne pouvons pas accéder directement aux actes (espérons qu'un jour ce sera possible !), mais on peut interroger sur les noms, prénoms, communes, dates... et découvrir des actes qui existent. On ne verra que nom, prénom, année (mariage, naissance, décès) et lieu, mais c'est déjà pas mal !

Si l'on veut copie d'un acte, il faut aller sur place... ou connaître quelqu'un qui peut s'en charger pour vous.

Adresse de ce site :

http://caom.archivesnationales.culture.gouv.fr/

Les Zouaves et les Chasseurs d'Afrique.

Publié le 09/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Les Zouaves et les Chasseurs d'Afrique.
Le Maréchal de Bourmont envisagea la formation de corps auxiliaires indigènes, qui non seulement permettraient d'augmenter les effectifs de l'armée, mais favoriseraient également le rapprochement entre les métropolitains et la population locale.

Les Zouaves :

Le lieutenant-général de Police d'Alger, Aubignosc, écrivit à Bourmont : "La tribu des Zouaoua fournissait aux Turcs des soldats enrôlés par l'intermédiaire de leur représentant à Alger. Ce représentant ayant offert ses services aux Français, il proposait la constitution d'un corps qui serait immédiatement engagé au service de la France contre les habitants des campagnes insoumis."

Dès le 23 août 1830, Bourmont pouvait annoncer au Ministre de la Guerre, à Paris, que 500 Zouaves étaient déjà réunis à Alger. Son successeur, le général Clauzel, prenait un arrêté le 1er octobre 1830 pour officialiser la création de ce corps indigène : il était formé de deux bataillons de Zouaves, à six compagnies, et d'escadrons de Zouaves à cheval qui deviendront ensuite les "Chasseurs indigènes" avant d'être absorbés, en 1831, par les "Chasseurs d'Afrique", qui compteront dans leurs rangs des indigènes et des Français.

L'uniforme, créé par le commandant Divivier, comportait les célèbres culottes bouffantes resserrées aux chevilles. Les hommes du 1er bataillon étaient coiffés d'un turban rouge, ceux du 2ème d'un turban vert.

A partir de 1854, Napoléon III décida d'utiliser ces régiments de l'armée d'Afrique, notamment les Zouaves, partout où l'armée française serait engagée : Crimée, Italie, Chine, Mexique, France.

Les Chasseurs d'Afrique :

Le 17 novembre 1831, étaient créés deux régiments de cavalerie légère, le 1er et le 2ème régiments de Chasseurs d'Afrique, composés de conscrits français et d'auxiliaires indigènes... du moins jusqu'en 1834, date à laquelle les régiments deviennent uniquement français.

La première tenue des Chasseurs d'Afrique, modifiée à plusieurs reprises, se composait d'une longue tunique bleue juponnante, d'un large pantalon garance à trois plis, liseré de bleu, de bottes noires, d'une vaste ceinture blanche (rouge pour les officiers) portée sur la veste; sur la tête, une "czapka" à la mode polonaise, encombrante coiffure d'où partait une fourragère rejoignant la contre-épaulette gauche.

Les Chasseurs portaient une giberne dans le dos, maintenue par une large bande de cuir de couleur blanche.
L'armement se composait d'un sabre et, selon les escadrons, d'un mousqueton ou d'une lance.

Cet ensemble, s'il ne manquait pas d'allure, n'était en revanche adapté ni au combat ni au climat de l'Afrique; outre le fait que les prises d'armes devaient être éprouvantes pour les troupiers suant sous leurs "czapkas", la lance se révéla très vite inefficace contre un adversaire très souvent insaisissable.
Cette première tenue ne fut plus portée que pour les parades. En campagne, les Chasseurs adoptèrent vite l'uniforme que l'imagerie populaire a rendu familier : la czapka est remplacée par une casquette rouge à visière (casquette "taconnet", du nom du fabricant); la veste bleue se raccourcit nettement; un petit ceinturon blanc maintient un pantalon garance plus étroit, qui devient noir au-dessus des genoux; des bottes noires prennent bien le pied.
Si la giberne est conservée, la lance en revanche est abandonnée au profit du fusil.

Mais cette tenue s'avéra insupportable lors de grosses chaleurs, et plus d'un rapport d'inspection se plaindra du relatif laisser-aller des hommes dans le port de l'uniforme.

Mais quelquefois s'y ajoutait un certain panache : ainsi, par tradition, les Chasseurs n'oubliaient jamais de retrousser leurs manches avant de charger !

(Jean Aucouturier, Historia Spécial n° 486 HS/RD, juin 1987 - Image : http://encyclopedie-afn.org/index.php/L'Armée_d'_Afrique )

Les "Zéphirs"

Publié le 09/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Les "Zéphirs".

Autre création algérienne, les bataillons d'infanterie légère d'Afrique, les trop célèbres "Bat-d'Af" qui firent l'objet plus tard du pamphlet de Georges Darien : Biribi, baptisés par dérision "Joyeux" et "Zéphirs".

Datant officiellement du 1er avril 1818, ces "Compagnies de discipline" étaient composées, pour 4/5ème d'appelés et 1/5ème d'engagés, de recrues convaincues de fautes vénielles.

En 1832, cinq compagnies gagnaient l'Algérie. Ils acquirent une grande renommée de bravoure grâce à leur victoire de Mazagran en février 1840 : à 123 contre 14.000, ils repoussèrent les attaques des soldats d'Abd-el-Kader.

(voir aussi le site : http://historia-legio.forum-actif.eu )

La Légion Etrangère.

Publié le 09/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
La Légion Etrangère.
La Légion Etrangère.

Paris, le 10 mars 1831
Louis-Philippe, Roi des Français
A tous, présents et à venir, salut.
Vu la loi du 9 mars 1831
Vu le rapport de notre Ministre,
Secrétaire d'Etat au département
de la Guerre.
Nous avons ordonné et ordonnons
ce qui suit :

Il sera formé une Légion composée
d'étrangers. Cette Légion prendra
la dénomination de
Légion Etrangère.
Mais la Légion Etrangère ne pourra pas être
employée sur le territoire
continental du royaume.

Août 1831 : la Légion Etrangère débarque à Alger. N'ayant rien à défendre, elle a tout à conquérir.
A commencer par sa tenue. Pour le moment, elle est tout bonnement vêtue de l'uniforme règlementaire de Dunkerque à Romorantin : pantalon garance, habit bleu roi boutonnant sur la poitrine, capote de drap gris fer roulée dans un étui milleraies placé sur le havresac, lourd shako tronconique.
Seule différence qui marque leur distinction de l'infanterie : les boutons. Ils comportent, outre une étoile à cinq branches, l'inscription - qui figure toujours - gravée en capitales : Légion Etrangère.

Sept bataillons forment cette nouvelle unité, composés chacun, dans la tradition, de soldats appartenant à la même nation.
Trois bataillons sont allemands, un espagnol, un italien, un belge et un polonais.
Ces sept bataillons sont répartis dans les trois provinces côtières : cinq à Alger (les 1er, 2ème, 3ème, 5ème et 7ème), un à Bône (le 6ème), et un à Oran (le 4ème).
Il faudra attendre 5 ans, et le colonel Bernelle, pour que l'amalgame des nations soit institué.

La Légion doit adapter son uniforme au climat. 1ère innovation : le bourgeron blanc. C'est au début une simple tenue de chanvre écru, rèche et bis, qui tient à la fois du carton d'emballage et de la toile à sac.

La Légion protège les installations des colons et les aide à construire leurs maisons. En 1923, c'est elle qui construit - par exemple - la ligne de chemin de fer de Sidi-bel-Abbès à Tlemcen.

Le 27 avril 1832, la Légion reçoit le baptême du feu, quand les 1er et 3ème bataillons étrangers s'emparent des redoutes qui défendent Maison-Carrée, à quelques lieues d'Alger. Puis, à l'ouest où le 4ème bataillon (les espagnols) enlève aux partisans de l'émir les ports d'Arzew et, dans la foulée, de Mostaganem.
Ce sont les premiers faits d'armes de la Légion. Elle y gagne un drapeau. Son premier drapeau.
Il lui sera apporté, le 24 juin suivant, par Combes, son nouveau colonel.
Dans ses plis une inscription : "Le roi des Français à la Légion Etrangère."

(Historia Spécial n° 486 HS/RD, juin 1987 - Image : http://maison-legionnaire.com/ Ref. 390)




Le destin du colon Louis André NAUDIN.

Publié le 09/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
Le destin du colon Louis André NAUDIN.
Le destin du colon Louis André NAUDIN.

1848... la toute jeune république regarde vers l'Algérie et tente l'expérience restée sous le nom de "colonisation ouvrière de 1848".
Par l'arrêté du 19 septembre 1848, le gouvernement offre aux ouvriers parisiens la possibilité de partir pour l'Algérie, où on leur donnera des terres.

Intéressés par cette offre, les NAUDIN, une famille parisienne, s'embarquent le 9 novembre pour le village prometteur de Pontéba, près d'Orléansville.
Louis André NAUDIN, ancien journalier à Corbeil, employé chez un grossiste en vins à Paris, s'inscrit avec sa femme et ses trois fils.
Un voyage de trois semaines, effectué en chaland jusqu'à Châlon-sur-Saône, en bateau à vapeur jusqu'à Arles, en chemin de fer jusqu'à Marseille.
Une traversée de quatre jours, et les côtes de l'Afrique du Nord se précisent. La silhouette massive du cap Tenès se dresse : voici l'Algérie, le nouvel Eldorado !

Les Naudin sont partis avec le 9ème convoi (*), à destination de Montenotte, de La Ferme et de Pontéba, trois villages de la plaine du Chélif.
La route est en mauvais état... Au soir de la première journée, très éprouvante, les colons s'arrêtent à l'auberge du lieu-dit "Les Trois Palmiers".
Arrivés à Orléansville, les colons se séparent suivant leur destination, et le 6 décembre 1848, enfin, les Naudin arrivent à Pontéba, à 6 kilomètres d'Orléansville.

Trois grandes baraques, de 80 mètres de long sur 6 mètres de large, construites par le Génie militaire, une route défoncée, une rivière boueuse : le Chélif, pas un arbre, des collines nues; seuls quelques champs cultivés par les militaires. Le mythe de l'Eldorado, déjà passablement éprouvé, s'écroule totalement, et les beaux discours du départ ont maintenant un goût amer.

Le capitaine Michel Besse, du 16ème de ligne, est chargé d'encadrer les colons, et les conduit de manière toute militaire. Il dresse l'état des lieux : Pontéba compte alors 321 habitants, dont 78 concessionnaires, se partageant 121 parcelles réparties en deux zones.
Les quelques colons, venus comme ouvriers d'art (maçons, etc...) réclament et reçoivent également un petit lopin. Une baraque est réservée aux célibataires, les familles partageant les deux autres.

On aménage la route allant à Orléansville, construction de l'enceinte du village....
Dès février 1849, la route est finie.

Une quatrième baraque, destinée aux employés (en particulier ceux des entreprises de construction), à l'infirmerie et aux magasins est construite. On bâtit des hangars pour remiser le matériel et abriter les chevaux.

Les terres sont ensemencées : 260 quintaux de blé et 95 quintaux d'orge leur aveient été distribués; 2.200 arbres (peupliers, mûriers, noyers, figuiers) et 2.000 pieds de vigne sont mis en terre dès le premier mois !
De plus, les jardins (de 15 à 20 ares), situés en bordure du Chélif, (premiers terrains à sortir de l'indivision) sont distribués et déjà cultivés.
La vie est dure et la nourriture pas toujours abondante.

Chaque famille a reçu de 5 à 6 caisses à biscuits, qui ont servi à faire des lits, des étagères ou des bancs.
Tout le monde a son lit. Un vaguemestre assure la distribution du courrier deux fois par semaine : il ne ménage pas sa peine sur les routes défoncées entre Orléansville, La Ferme et Pontéba.

Les enfants sont déjà à l'école où un vieil instituteur leur fait la classe.
La construction se poursuit : le fossé d'enceinte est terminé en avril, une voie reliant le village à la route de Miliana est entreprise.
Des maisons se construisent : celle du directeur de la colonie (le capitaine Besse), la forge, la boulangerie, et cinq maisons doubles au mois de mai 1849, 16 maisons doubles et 6 maisons simples en juin, la maison de secours et le presbytère.

Mais une vague de chaleur est là ! Les récoltes souffrent beaucoup. Au mois de juin, on enregistre une température de 48 degrés centigrades ! La santé des colons est mise à rude épreuve. Rien d'inquiétant fort heureusement... embarras gastriques, lassitude générale due à la chaleur, quelques ophtalmies et conjonctivites douloureuses, de coliques et de diarrhées, dues en particulier à la mauvaise habitude de trop boire et au manque d'hygiène alimentaire... quelques accès de fièvre.

En outre, quelques colons se découragent et songent à repartir. Deux petits enfants sont morts, "emportés à l'apparition du Sirocco" (vent du désert). "Nous avons de plus un triste accident à déplorer : un colon est allé se baigner après son repas et s'est noyé..."
La pharmacie de Pontéba manque de tout, et l'infirmier est toujours installé dans une baraque aux planches mal jointes et insalubre. Les malades graves sont évacués sur l'hôpital militaire d'Orléansville, au moyen d'une carriole de l'armée.

En juillet 1859, le capitaine Besse note que pour 20 familles la réussite est malgré tout à peu près assurée, pour 43 familles elle est possible, pour 21 difficile. Il mentionne également cinq récalcitrants notoires, mais personne physiquement incapable, d'évincé ou parti volontairement.

La terrible vague de chaleur de l'été va précipiter les choses : il ne reste plus que 248 habitants à Pontéba en septembre 1849 !
La chaleur a été accablante, les cultures (fourrage, céréales et tabac) ont grillé sur pied, l'eau a manqué (il n'y a qu'un puits, profond de seize mètres pour toute la population). On compte des décès et des départs.
L'échec est général dans presque toutes les colonies agricoles (une quarantaine à cette époque). Outre la sécheresse, le manque de savoir-faire de ces parisiens qui n'ont pour la plupart jamais cultivé la terre auparavant, se fait sentir.

A Pontéba, parmi les familles qui réussissent : les Naudin.
Louis André NAUDIN avait été longtemps cultivateur, prodigue ses conseils et fait de son jardin et de sa parcelle de 7 hectares l'une des moins désolées. Néanmoins, tous ses espoirs de récolte se reportent à présent sur l'année suivante.
L'année 1850 sera épouvantable : le blé sèche sur pied, les départs se succèdent, la malaria fait des ravages. Les colons les plus solides résistent.
Les pluies des mois d'octobre et de novembre réconfortent les colons.
Il ne reste plus à Pontaba que 188 habitants et 68 concessionnaires.

1851 est une année moins mauvaise. Le matériel agricole se complète, les constructions s'améliorent. Quelques marchands de vin, un épicier et un boucher vivotent, mais le manque d'argent empêche les industries de se former, parmi une population qui n'a aucune ressource pécuniaire. En outre, une invasion de sauterelles détruit de nombreuses cultures.
En octobre 1851, la construction de deux "norias" qui serviront à l'arrosage des jardins, est entreprise. La récolte de fourrage de 1852 est correcte, et permet aux colons de rembourser les dettes qu'ils n'avaient cessé de contracter depuis trois ans.

De nombreuses basses-cours sont bien peuplées, les volailles et les chèvres y abondent, quelques vaches et quantité de cochons qu'on engraisse pour mettre dans le saloir.

Mais il n'y a pas de moulin, et il faut aller à Miliana pour faire moudre le grain. Les colons sont obligés de faire une centaine de kilomètres avec les voitures à chevaux.
Les habitations sont bien entretenues; presque tous les colons y ont ajouté des écuries en maçonnerie, des hangars aux étables "de sorte qu'aujourd'hui ils sont à peu près installés quant à leurs ressources et à l'exploitation de leurs concessions."(décembre 1851)

Septembre 1852 : sur les 1.000 hectares fixés à l'origine comme devant être mis en valeur, 958 sont effectivement travaillés, plantés de vignes ou d'arbres; 268 hectares sont plantés de blé dur, 134 d'orge, 235 en fourrage. Le cheptel se multiplie. Le village compte une cinquantaine de maisons.

Fin 1852, l'armée se retire, confiant l'administration du village à l'autorité civile. Le premier Maire, Pierre PAULET, un "quarante-huitard" tenace qui a réussit, représente Pontéba au conseil municipal d'Orléansville présidé par Ferdinand DUBOC, le commissaire civil.

L'administration civile dresse, le 6 février 1853, un "état nominatif des colons ayant droit à des titres de propriété".
Louis André NAUDIN, avec ses 10 hectares de terres (il a acheté 3 hectares supplémentaires à un colon découragé) fait partie des prétendants sérieux.
Ses fils participent à l'entreprise. La fille aînée s'est mariée à Orléansville avec un débitant de vins.

En 1855, Louis André NAUDIN reçoit un petit lot de terre pour compléter une parcelle déjà plantée en vigne sur les côteaux de Pontéba. Vers 1860, sur la partie du lot formant plaine, le colon creusera un puits et construira une grande maison.
A son petit-fils, il demandera de mettre une bouteille de vin entre les pierres des fondations pour "porter chance.

En novembre 1867, Louis André NAUDIN apprenait la naissance d'un autre petit-fils. Deux jours plus tard, le Garde-champêtre le trouvait allongé dans son champ, le corps lacéré de 17 coups de couteaux, son chien blessé gisant à ses pieds et hurlant à la mort.

Le ou les coupables ne furent jamais retrouvés, et les preuves manquent pour trancher entre la thèse du lâche assassinat, de la jalousie ou de la vengeance.

(d'après Historia Spécial n° 486/H.S/RD, juin 1987 - Carte : Wikipedia)

(*)le 9ème convoi part de Paris le 09/11/1848, arrive à Marseille le 23 ou le 24/11. Le 25/11/1848, on embarque sur la corvette à vapeur "L'Albatros" qui arrivera le 01/12/1848 à Tenès. 831 personnes y participent.
Les colonies à peupler sont Montenotte, Pontéba et La Ferme.
A noter que la corvette "L'Albatros" n'a pu, à son arrivée, débarquer ses passagers; elle a donc rejoint Alger en pleine tempête, et est venue à Tenès par mer moins forte.




OBENHEIM

Publié le 09/01/2009 à 12:00 par emigrationalgerie
OBENHEIM
OBENHEIM

- Mot du 13/10/1847, sur papier à entête de la Préfecture :
"La nommée KEYSER Marguerite, couturière, âgée de 28 ans, a déposé aujourd'hui une demande tendant à obtenir un permis de passage gratuit en Algérie. Strasbourg, le 13 octobre 1847."

- Lettre du 11/11/1847, du Préfet au Maire :
"Monsieur le Maire d'Obenheim est prié de nous renvoyer par le retour du courrier, s'il lui est déjà parvenu, le permis de passage gratuit en Algérie de la nommée KEYSER Marguerite, couturière, âgée de 28 ans, dont la demande a été transmise au Ministère de la Guerre le 13 octobre dernier."
En marge : "Ci-joint le passeport réclamé. La dite KEYSER a quitté la commune depuis qu'elle a fait la demande. Le Maire Weber."

- Sur un morceau de passeport, en date du 16/11/1847 :
Signalement de "KAYSER" Marguerite, couturière, native d'Obenheim, allant en Afrique, âgée de 28 ans.
Taille d'1m60, cheveux châtains, sourcils châtains, nez moyen, bouche moyenne, teint pâle, barbe... (rien), visage ovale, front rond, yeux gris, menton rond. Signes particuliers : néant.

- Lettre du 14/10/1851, du Ministre de la Guerre au Préfet :
Il a reçu une demande du sieur SOMMER Jacques, laboureur à Obenheim.
Celui-ci ne possède pas de ressources pécuniaires. Il ne peut donc l'admettre comme colon agricole.
En marge (au crayon) : "Le 27 octobre demandé le certificat du médecin et connaître la fortune."

- Lettre du 27/02/1855, du Ministre de la Guerre au Préfet :
Il a reçu une demande du sieur THALGOTT Jean, demeurant à Obenheim.
Cet individu est chargé d'une nombreuse famille, n'a pas de ressources, et ne peut justifier qu'il ait du travail assuré dans la colonie. Il ne peut donc donner suite à sa demande.

- Demande de renseignements du 11/04/1855, du Ministre de la Guerre au Préfet :
Concernant : Jean THALGOTT, tisserand à Obenheim, suite à sa demande du 28 mars.
En marge (au crayon) : "Le 16 mai 1855, écrit au sous-Préfet de Schlestadt."

- Lettre du 02/06/1855, du Maire au sous-Préfet de Schlestadt :
Renseignements sur THALGOTT Jean.
"Il est tisserand et cultivateur. Il connaît l'une et l'autre profession qu'il a toujours exercées alternativement suivant la saison. Bonne moralité... n'a pas de certificat constatant qu'il a du travail assuré en Algérie..."
"Sa résolution d'émigrer se fonde sur les nouvelles qu'il a reçues sur la position de ceux qui ont émigré il y a deux ou trois ans et en dernier lieu sur celles des pères de familles d'ici qui sont partis pour l'Algérie au printemps dernier..."

Il semble donc que peu de personnes de Obenheim furent tentés par l'aventure.
Une famille du village, pourtant, était partie, déjà en 1832 : la famille FARNY.

A l'origine, ils voulaient émigrer en Amérique, et firent donc le voyage vers le Havre pour s'embarquer en direction du Nouveau Monde. Mais leurs passeports furent refusés. Le pouvoir royal voulant peupler l'Algérie, les embarqua sur le brick "L'Emilie" (500 personnes) en direction de l'Algérie récemment conquise. Contre leur gré, les FARNY se trouvèrent de ce fait parmi les tout premiers colons civils qui peuplèrent l'Algérie.

Après maintes péripéties, ils débarquent à Alger le 10 septembre 1832. La vie y était dure, et le pays non équipé ne leur facilitait pas le travail. Les terres étaient marécageuses et infestées de moustiques et l'insécurité régnait.

"Jusqu'en 1855/1856 date approximative de l'enracinement démographique européen en Algérie, la réalité quotidienne fut faite de labeur, de fatigue, de mort et de départs pour de lents progrès qui donnèrent l'espoir d'une vie meilleure. Dès la fin d'un pénible voyage ils doivent se mettre au travail pour construire, défricher, planter, récolter; la première activité est la construction du village, c'est l'élément essentiel de la colonisation. Il est souvent l'oeuvre des militaires qui construisent l'enceinte qui assure la protection contre les lions, les panthères, les hyènes, les coupeurs de tête et les voleurs."
("La vie quotidienne des Français en Algérie", par M. Baroli, Hachette, 1967)

La famille Farny reçut environ quatre hectares de terre, des semences, des outils, des vivres et même de l'argent, mais ils découvrirent vite que leur nouveau pays n'était pas l'Eldorado.
Deux ans après la "conquête", la France ne contrôlait que de petites enclaves autour de quelques grandes villes, le reste étant en butte aux perpétuels assauts des guerriers d'Abd-el-Kader.
Installés dans un premier temps à Kouba, dans la plaine de la Mitidja, ils se mirent au travail pour créer une petite exploitation, qui se révéla désastreuse. Il fallut changer d'endroit et partir vers Birkadem puis, quelques années plus tard, à Boufarik.

Ensuite, la famille connut des drames : en octobre 1839 l'un des fils, Christian, décède à l'âge de 13 ans, à Birkadem; deux semaines plus tard, en décembre, le père décède à l'âge de 54 ans. Ensuite, trois enfants décèdent de congestion pulmonaire ou de diarrhées chroniques à l'hôpital militaire de Boufaric (simple poste de secours régimentaire) : Georges en 1841 à 21 ans, Philippe en 1843 aussi à 21 ans et enfin Jacques en 1846 à 32 ans. Plus tard, à une date indéterminée, la mère et le fils aîné disparaissent sans laisser de traces, sans doute victimes de la guérilla qui sévissait. Il ne restait plus que deux filles, Anne-Marie et Marie-Louise.
Des descendants restèrent en Algérie, avant le retour sans gloire en Métropole des années plus tard.

Quelques éléments généalogiques :

Léonard FARNY, né en 1698 à Berne, en Suisse, vint s'installer à Illhausern, dans le Haut-Rhin. Son fils vint peut-être s'installer à Obenheim (Bas-Rhin), en tous les cas le petit-fils de Léonard, Jean-Georges FARNY, y décède le 13/12/1810. Cultivateur dans ce village, il avait épousé à Diebolsheim, le 09/12/1775, Anne-Marie HOTZ, originaire de Barr, non loin de là. Le couple décède successivement en 1810 et 1820 à Obenheim.
Ce sont les parents de notre émigrant : Jean FARNY.

Jean FARNY est né à Obenheim le 08/04/1785. Il est cultivateur et épouse à Obenheim, le 13/04/1812, Anne-Marie Salomé OBRECHT, née le 24/06/1780 à Sundhouse. Jean décède en Algérie le 31/10/1839 et Anne-Marie entre 1834 et 1878.
Le couple aura 8 enfants :

1- FARNY Jean junior, né le 14/02/1813 à Obenheim.

2- FARNY Jacques, né le 09/02/1815 à Obenheim, décédé le 18/09/1846 à Boufarik (Algérie)

3- FARNY Anne-Marie, née le 03/09/1817 à Obenheim, décédée le 27/12/1872 à El Affroun (Algérie). Elle épousera entre 1843 et 1853, à El Affroun, Joseph POLLA, un Italien né en 1805, tailleur de pierre, et qui décèdera à Djidjelli (Algérie) le 21/07/1853. C'est Anne-Marie qui élèvera sa petite soeur, Marie-Louise, qui suit.

4- FARNY Georges, né le 22/03/1820 à Obenheim, décédé le 10/04/1841 à Boufarik.

5- FARNY Philippe, né le 07/07/1822 à Obenheim, décédé le 15/01/1843 à Boufarik.

6- FARNY ?, né entre 1824 et 1832.

7- FARNY Christian, né en 1826 à Sundhouse, décécé le 16/10/1839 à Birkadem.

8- FARNY Marie-Louise, née le 13/09/1834 à Alger, décédée le 24/11/1903 à Constantine, couturière, aubergiste. Elle épousera à Constantine, le 24/06/1878, Jean-François FOUQUET, originaires des Bouches-du-Rhône, aubergiste, et décédé à Constantine en 1879.
Ce couple aura 5 enfants : Alfred, Jeanne-Marie, Augustine, Victorine et Jules Marius, dont postérité jusqu'à nos jours.

Voilà, succinctement résumé, le destin de cette famille, partie pour avoir une vie meilleure en Algérie, et qui y rencontrera bien des malheurs.